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RDC: une ONG réclame l'ouverture d'une enquête indépendante sur l'affaire des expulsions

04/06/2014 11:38 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

La Voix des sans-voix (VSV), une des principales ONG en République démocratique du Congo (RDC), a réclamé mercredi l'ouverture d'une enquête indépendante sur les violences présumées commises lors d'une opération d'expulsion de nombreux ressortissants de l'ex-Zaïre vivant au Congo.

Mardi, Kinshasa et Brazzaville, qui se font face sur les rives du fleuve Congo, ont convenu de mener une enquête conjointe sur ces accusations de violences, qui auraient été commises lors d'une chasse aux clandestins et étrangers criminels lancée début avril au Congo.

La VSV, "satisfaite que les deux pays aient privilégié des voies apaisées et diplomatiques en vue de faire la lumière", plaide pour "la mise en place d'une commission d'enquête mixte et effectivement indépendante", écrit-elle dans un communiqué.

Selon elle, pour plus de crédibilité, cette commission doit être composée "des officiels des deux pays, mais également des défenseurs des droits humains" de la RDC (ex-Zaïre) et du Congo, de militants des droits de l'Homme étrangers et d'experts de l'ONU.

"Il est important de lutter effectivement contre l'impunité (...) et de procéder à la réparation des préjudices subis par les victimes", souligne l'ONG.

L'opération d'"assainissement" lancée le 4 avril par Brazzaville avait rapidement tourné à une vaste opération d'expulsion des "Zaïrois", en règle ou non, selon des ONG et des témoins interrogés par l'AFP. Au total, environ 130.000 ressortissants de RDC sont rentrés, selon les deux Congo.

Brazzaville estime cependant que près de 2.000 personnes ont été réellement expulsées et que les autres sont parties de façon "volontaire" car se sachant clandestines. Kinshasa et des ONG ont affirmé de leur côté que de nombreux "Zaïrois" sont rentrés car ils craignaient de subir des violences.

Fin mai, deux hauts responsables de l'ONU, dont le chef de la Mission de l'ONU en RDC, Martin Kobler, avaient exigé que le Congo cesse "immédiatement les expulsions de ressortissants de la RDC", à l'origine "d'une grave crise humanitaire", et enquête sur les allégations d'exactions les ayant accompagnées - violences physiques, mauvais traitements et violences sexuelles.

Brazzaville, qui a reconnu des dérapages et radié 17 policiers, avait jugé "grossières" ces déclarations.

Ces derniers jours, le flux des retours a nettement baissé, passant, selon Kinshasa, de plusieurs milliers par jour à plusieurs centaines.

Brazzaville estime qu'environ 400.000 ressortissants de RDC vivent encore au Congo, où la plupart exercent des métiers peu qualifiés.

hab/mba

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