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Québec met le cap sur la rigueur budgétaire et le contrôle des dépenses

04/06/2014 04:12 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Le Québec vit au-dessus de ses moyens et le moment est venu de reprendre le contrôle des finances publiques, soutient le gouvernement Couillard dans son premier budget déposé mercredi par le ministre des Finances, Carlos Leitao.

Québec souhaite y arriver en appliquant les freins à la croissance de ses dépenses, notamment en imposant un régime minceur à l'appareil de l'État et par un gel complet de l'embauche au cours des deux prochaines années.

Mais les contribuables ne seront pas épargnés pour autant. Malgré les promesses électorales libérales de renoncer à toute hausse de taxes et d'impôts, donc du fardeau fiscal, le gouvernement choisit de demander aux Québécois de débourser davantage au moment d'acheter de l'alcool ou des cigarettes.

La taxe sur le tabac augmente de 4 $ par cartouche de 200 cigarettes. Les taxes sur l'alcool sont revues à la hausse: 0,05 $ de plus par bouteille de bière et 0,24 $ par bouteille de vin. Par contre, au restaurant et dans les bars, la taxe sera revue à la baisse: 0,07 $ de moins la bouteille de bière et 0,92 $ la bouteille de vin.

Aux prises avec un contexte budgétaire difficile et une baisse de revenus dans les coffres de l'État, le gouvernement Couillard maintient quand même son engagement à mettre un terme à la spirale des déficits en 2015-2016.

Mais d'ici là, pour l'année en cours, le déficit dépassera de 600 millions $ la cible fixée par le gouvernement précédent (1,75 milliard $) pour atteindre finalement 2,35 milliards $.

«La situation est sérieuse», a reconnu d'emblée le ministre des Finances, en conférence de presse.

Québec mise sur un contrôle serré des dépenses gouvernementales, le gel de l'embauche et les retraites à venir dans la fonction publique pour retrouver une certaine marge de manoeuvre budgétaire à plus ou moins court terme.

La croissance des dépenses est plafonnée à 1,8 pour cent en 2014-2015 et à une moyenne de 2,1 pour cent de 2015 à 2019, soit largement inférieure à la moyenne des années passées.

Celle des salaires des fonctionnaires devra être à l'avenant. Québec prévient d'avance les syndicats du secteur public que les prochaines négociations salariales, qui s'annoncent houleuses, devront tenir compte de ces paramètres. Les conventions collectives viennent à échéance en 2015.

Québec tient aussi pour acquis dans son budget que les médecins vont accepter d'étaler leurs hausses de rémunération à venir sur un grand nombre d'années, contrairement à ce qui avait été convenu au moment de la signature de la convention. Mais les négociations avec eux ne sont toujours pas conclues.

Pendant ce temps, Québec impose un régime minceur à l'appareil de l'État: divers engagements pris par le gouvernement précédent seront réévalués, reportés à plus tard, voire reniés, les directions régionales du ministère de l'Éducation seront abolies, le programme de remboursement de la procréation assistée sera réévalué et on promet de rationaliser les budgets des bureaux du Québec à l'étranger.

L'abolition graduelle de la taxe-santé promise par les libéraux ne deviendra réalité qu'en fin de mandat, si des surplus garnissent enfin les coffres de l'État.

«On ne peut pas continuer avec des programmes qui sont financés à crédit», a tranché le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, qui s'est engagé une fois de plus à remettre en question «ce qui est moins prioritaire» dans l'éventail des services gouvernementaux.

Le gouvernement maintient sa décision d'annuler la hausse de 2 $ par jour des frais de garde à 7 $ décrétée par le gouvernement précédent. Le tarif quotidien sera plutôt indexé à 7,30 $ le 1er octobre. Québec créera aussi un total de 6300 places cette année.

La croissance économique devrait se fixer à 1,8 pour cent en 2014 et à 2 pour cent en 2015, des prévisions jugées «prudentes et conservatrices», selon le ministre Leitao.

Le développement économique sera stimulé par une série de mesures: relance du Plan Nord et de l'industrie forestière, appui aux PME manufacturières (réduction de 8 à 4 pour cent du taux d'imposition), mise en place de la Stratégie maritime, investissement dans les infrastructures (90,3 milliards d'ici 10 ans, dont 11,5 milliards $ cette année). Parallèlement, Québec révise à la baisse plusieurs mesures fiscales, dont la réduction de 20 pour cent des crédits d'impôts, destinées aux entreprises.

Le total des dépenses de l'État en 2014-2015 atteindra 74,2 milliards $.

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