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Libye: un général dissident échappe à un attentat

04/06/2014 07:18 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Le général dissident Khalifa Haftar a échappé mercredi à un attentat suicide dans l'est de la Libye, deux semaines après avoir lancé une offensive contre les groupes islamistes radicaux dont il est devenu la bête noire.

Il s'agit de la première attaque visant ce général à la retraite âgé de 71 ans qui a décidé de lancer le 16 mai à Benghazi, la grande ville de l'Est, une campagne militaire destinée selon lui à éradiquer les "groupes terroristes".

Ce dissident a été accusé "de tentative putschiste" par les autorités de transition qui, près de trois ans après le renversement du régime de Mouammar Kadhafi par une révolte, n'ont pas encore réussi à rétablir l'ordre dans le pays plongé dans le chaos et sous la coupe des milices.

Selon un des commandants de la force du général Haftar, un kamikaze a lancé sa voiture piégée contre l'un des quartiers généraux installé dans une villa près de Benghazi, tuant trois gardes qui tentaient d'arrêter l'assaillant.

"L'attentat a été perpétré contre une villa où nous étions réunis. Trois soldats ont été tués", a précisé à l'AFP le général Sagr Al-Jerouchi, "chef des opérations des forces aériennes" loyales au général dissident.

Ce dernier, présent dans la maison au moment de l'attaque, est sain et sauf, a-t-il ajouté en soulignant avoir été lui-même "légèrement blessé" dans l'attentat dans la région d'al-Abyar.

Son porte-parole, Mohamed Hejazi, a accusé des "groupes terroristes et extrémistes" qu'il n'identifie pas d'avoir mené cet attentat qui n'a pas été revendiqué.

- 'Confrontation inévitable' -

La ville de Benghazi, berceau de la révolte contre le dictateur Mouammar Kadhafi, est considérée comme le fief de nombreuses milices islamistes lourdement armées et cibles de l'offensive du général Haftar, dont les forces au sol sont appuyées par l'aviation.

Une centaine de personnes ont péri dans cette offensive dont 21 morts dans les derniers combats lundi qui avaient paralysé toutes les activités à Benghazi, selon des sources médicales.

Les jihadistes d'Ansar Asharia, classé organisation "terroriste" par les Etats-Unis, sont l'un des principaux groupes visés par la campagne baptisée "Dignité" du général Haftar.

Pointé du doigt dans plusieurs attaques et assassinats ayant visé les services de sécurité à Benghazi, ce groupe est aussi soupçonné d'implication dans des attaques anti-occidentales dont celle de septembre 2012 contre le consulat américain à Benghazi qui avait coûté la vie à l'ambassadeur et à trois autres Américains.

En deux semaines, Ansar Asharia (Les partisans de la loi islamique, en arabe) a publié des communiqués incendiaires contre le général Haftar, qu'il qualifie désormais d'"ennemi de l'islam".

"La confrontation est désormais inévitable pour défendre notre ville et notre terre", a indiqué un premier communiqué du groupe, avant de menacer le général Haftar de finir comme Mouammar Kadhafi, tué après sa capture par les rebelles en octobre 2011.

- Personnel pétrolier évacué -

Le groupe Ansar Asharia est né après la chute de Mouammar Kadhafi et son bras militaire est formé d'anciens rebelles ayant combattu ce régime en 2011.

Le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont aucun lien n'a été jusqu'ici établi avec les jihadistes libyens, a rejoint le concert des menaces en appelant à combattre le général dissident.

"Nous vous appelons à vous unir pour extirper le symbole de la traîtrise et de l'apostasie: Khalifa Haftar et les partisans de Kadhafi qui sont sous son commandement", a indiqué Aqmi dans un communiqué publié dimanche.

Les troubles en Libye, où en outre deux gouvernements se disputent le pouvoir, ont contraint plusieurs compagnies pétrolières étrangères à commencer à évacuer leur personnel, a indiqué mercredi l'agence libyenne Lana.

Elle a cité la région d'Al-Wahat (sud) où les membres du personnel de firmes étrangères non identifiées ont été évacués à partir d'aéroports sur les sites pétroliers de cette région à celui de Tripoli pour leur permettre de quitter le pays.

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