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Libye: assassinat d'un délégué du CICR, un général dissident échappe à un attentat

04/06/2014 11:32 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Un délégué suisse du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été tué mercredi en Libye où le général dissident Khalifa Haftar a échappé à un attentat suicide, dans une nouvelle illustration de l'anarchie régnant dans le pays.

Le délégué a été tué lorsque des hommes armés non identifiés ont intercepté sa voiture à Syrte, à 500 km à l'est de Tripoli, où il venait d'effectuer une mission auprès de l'antenne locale du Croissant-Rouge libyen.

A Genève, le CICR a "condamné vigoureusement une attaque haineuse", déplorant la perte d'un "humanitaire dévoué" identifié comme Michael Greub (42 ans).

"Il a été attaqué par des hommes armés alors qu'il sortait d'une réunion avec deux collègues. Il est décédé à l'hôpital de Syrte. Ses collègues sont indemnes mais choqués", avait déclaré à l'AFP Wolde Saugeron, un porte-parole du CICR.

Le président de la Confédération suisse Didier Burkhalter a exprimé de son côté sa "consternation et vive émotion" après ce décès, condamnant "avec fermeté toute infraction au droit international humanitaire et aux principes humanitaires".

Plus à l'est, près de Benghazi, le général à la retraite, Khalifa Haftar, a été "légèrement blessé" dans un attentat suicide contre son quartier général.

Il s'agit de la première attaque visant M. Haftar depuis qu'il a décidé de lancer le 16 mai à Benghazi, la grande ville de l'Est, une campagne militaire destinée selon lui à éradiquer les "groupes terroristes", dont il est devenu la bête noire.

Ce dissident a été accusé "de tentative putschiste" par les autorités de transition qui, près de trois ans après le renversement du régime de Mouammar Kadhafi par une révolte, n'ont pas encore réussi à rétablir l'ordre dans le pays plongé dans le chaos et sous la coupe des milices.

Selon un des commandants de la force du général Haftar, un kamikaze a lancé sa voiture piégée contre l'un des quartiers généraux installé dans une villa près de la ville de Benghazi, tuant quatre gardes.

"L'attentat a été perpétré contre une villa où nous étions réunis. Quatre soldats ont été tués", a précisé à l'AFP le général Sagr Al-Jerouchi, "chef des opérations des forces aériennes" loyales au général dissident, légèrement blessé dans l'attentat. Cet officier a attribué l'attaque à des "terroristes".

M. Haftar qui était présent dans la maison au moment de l'attaque, a de son côté indiqué à la télévision Libya Awalan avoir été "légèrement blessé par des éclats de verre", promettant "des représailles".

"Nous sommes prêts à continuer (notre opération) jusqu'à la réalisation de ses objectifs", a indiqué M. Haftar, bandage à la main gauche, selon des images de cette télévision.

Plus tard, un avion de combat a mené des raids contre des sites qui n'étaient pas identifiés dans l'immédiat, selon des témoins.

- Violences et enlèvements -

A Tripoli, où deux gouvernements se disputent le pouvoir, un député du Congrès général national (CGN, Parlement), Abou Bakr Maddour, a été enlevé mercredi à sa sortie du ministère de la Justice, selon une source parlementaire.

Toujours dans la capitale, le siège du gouvernement, où s'est installé cette semaine le Premier ministre contesté Ahmed Miitig, a été touché dans la nuit par une roquette qui a fait des dégâts mais pas de victime.

Berceau de la révolte contre le dictateur Mouammar Kadhafi, la ville de Benghazi, est considérée comme le fief de nombreuses milices islamistes lourdement armées et cibles de l'offensive du général Haftar, dont les forces au sol sont appuyées par l'aviation.

Une centaine de personnes ont péri dans cette offensive, selon des sources médicales.

Les jihadistes d'Ansar Asharia, classé organisation "terroriste" par les Etats-Unis, sont l'un des principaux groupes visés par la campagne baptisée "Dignité" du général Haftar.

Pointé du doigt dans plusieurs attaques et assassinats ayant visé les services de sécurité à Benghazi , ce groupe est aussi soupçonné d'implication dans des attaques anti-occidentales dont celle de septembre 2012 contre le consulat américain à Benghazi qui avait coûté la vie à l'ambassadeur et à trois autres Américains.

Ansar Asharia (Les partisans de la loi islamique, en arabe) omniprésent aussi à Syrte, a publié des communiqués incendiaires contre le général Haftar, qu'il qualifie désormais d'"ennemi de l'islam".

Le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont aucun lien n'a été jusqu'ici établi avec les jihadistes libyens, a appelé à combattre le général dissident.

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