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Le coeur de Pékin sous très haute sécurité 25 ans après Tiananmen

04/06/2014 12:00 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

L'ordre régnait mercredi place Tiananmen, quadrillée par les forces de l'ordre, déployées pour empêcher toute tentative d'évocation ou de commémoration du 25e anniversaire de l'écrasement du printemps de Pékin, le 4 juin 1989.

Police militaire, police armée, gardes municipaux, fonctionnaires en civil, agents des comités de quartier: l'arsenal sécuritaire de la Chine était représenté en nombre sur l'immense esplanade ou à ses abords, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Pour gagner le site névralgique du pouvoir communiste chinois, les passants devaient montrer patte blanche, passer sous des portiques de sécurité ou encore ouvrir leur sac.

Les étrangers étaient particulièrement contrôlés, les policiers traquant d'éventuels journalistes internationaux, les organes de presse nationaux étant eux interdits de reportage sur les événements de cette date dont la mémoire est officiellement proscrite.

Sur l'avenue de la Paix éternelle, qui longe le nord de la place Tiananmen, des véhicules de police étaient postés tous les 50 mètres, ainsi que des ambulances, des camions de pompiers.

"Nous avions prévu d'aller voir la Cité interdite mais on nous a refusé l'accès au motif que nous n'avions pas notre passeport sur nous. Ils nous ont dit que le passeport était seulement exigé aujourd'hui", a relaté à l'AFP une touriste australienne nommée Amanda, venue avec une amie visiter Pékin.

Aux sorties du métro ou sur les trottoirs, les contrôles de sécurité provoquaient de longues queues.

Un journaliste de l'AFP qui venait de filmer une brève échauffourée entre des policiers et quelques Chinois lassés d'attendre sous le soleil a été contraint par la police à effacer ses clichés.

Devant le célèbre portrait de Mao trônant sur le porche d'entrée de la Cité interdite, la présence policière était également très visible.

Des extincteurs d'incendie étaient à portée de main des gardes en faction, au cas où un contestataire tenterait de s'immoler par le feu. Une hypothèse redoutée par les autorités mais improbable étant donné les fouilles serrées du public.

Cet endroit a été le théâtre, le 28 octobre 2013, d'un attentat suicide perpétré selon la police par des extrémistes de la région musulmane du Xinjiang, qui ont lancé leur véhicule sur la foule.

Depuis de nouvelles barrières renforcées ont été installées sur la chaussée, d'une couleur dorée kitsch moquée par les internautes.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, après 7 semaines de mobilisation des manifestants qui exigeaient des réformes démocratiques dans la Chine du parti unique, des dizaines de milliers de soldats appuyés par des centaines de chars et autres blindés avaient donné l'assaut en ouvrant le feu sur la foule jusqu'à parvenir à la place Tiananmen.

Aucun bilan définitif officiel n'a été fourni. La plupart des recoupements de sources indépendantes font état de plusieurs centaines et jusqu'à plus d'un millier de morts à Pékin, sans compter le reste de la Chine.

seb/jug/mf

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