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Hommage aux vétérans du Débarquement en Normandie et ballet diplomatique à Paris

04/06/2014 10:02 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Les vétérans sont mis à l'honneur jeudi, à la veille du 70e anniversaire du Débarquement allié en Normandie, avant un intense ballet diplomatique à Paris, où le président François Hollande va recevoir coup sur coup dans la soirée Barack Obama puis Vladimir Poutine.

Les dirigeants des Etats-Unis et de la Russie, engagés depuis des mois dans un bras de fer diplomatique sur fond de crise ukrainienne, ne doivent pas se croiser à Paris. Vladimir Poutine doit par ailleurs s'entretenir dans la capitale française avec le Premier ministre britannique David Cameron.

Auparavant, le président français accueillera la reine Elizabeth à Paris, alors que la journée de jeudi est placée sous le signe du sacrifice des soldats britanniques.

Les commémorations du Jour J ont commencé dans la matinée au "Pegasus Bridge", le pont de Bénouville libéré par les parachutistes de Sa Majesté dans la nuit du 5 au 6 juin.

Ce premier coup d'éclat des soldats alliés à quelques kilomètres de la côte a été suivi de la prise de Ranville, premier village libéré de France continentale.

Plusieurs centaines de personnes, dont une centaine de vétérans de la 6e division aéroportée britannique, ont assisté à une cérémonie d'hommage aux morts. Le musée du Pegasus Bridge a accueilli pour l'occasion un char Centaur entièrement restauré. Ce char fut immobilisé par un tir de canon allemand après avoir débarqué sur Sword Beach.

Le prince Charles était attendu sur place pour déjeuner avec des anciens combattants, en compagnie de son épouse Camilla.

Le couple assistera au largage de 300 parachutistes britanniques, mais aussi américains, canadiens et français. Parmi eux, un ancien du "D Day", l'Ecossais Jock Hutton, qui doit sauter "en tandem" malgré ses 89 ans.

Alors que les commémorations suscitent depuis plusieurs jours un fort enthousiasme populaire, 24 feux d'artifice illumineront le ciel peu avant minuit, ainsi que les premiers bombardements alliés l'avaient fait dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, annonçant la Libération de l'Europe du joug nazi.

- Un million de personnes attendues -

De Ouistreham à l'est jusqu'à Saint-Martin-de-Varreville à l'ouest, autrement dit de "Sword Beach" jusqu'à "Utah Beach", le spectacle rendra hommage aux quelque 3.000 soldats alliés -- et autant de civils normands -- tombés dans la journée du 6 juin.

Le point d'orgue des commémorations du 70e anniversaire -- très vraisemblablement le dernier anniversaire décennal où des anciens combattants seront encore présents -- est attendu vendredi après-midi avec la cérémonie internationale sur la plage de Ouistreham, en présence d'une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont Barack Obama, Vladimir Poutine et l'Ukrainien Petro Porochenko ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel et la reine Elizabeth.

Quelque 1.800 vétérans sont attendus vendredi en Normandie.

A Carentan, ville stratégique qui a vu la jonction des troupes américaines venues d'Omaha et d'Utah Beach, 19 anciens du "D Day" ont été faits mercredi chevaliers de la Légion d'honneur, une haute distinction française.

"Je ne peux pas y croire. J'en suis très fier et j'en ai les larmes aux yeux", a témoigné pour l'AFP un de ces anciens combattants américains, Louis Masciangelo, 93 ans.

Dans un discours lors de la remise des médailles par les autorités locales, une élève de la ville a salué les vétérans "au nom de tous les adolescents français".

Tous le long de la côte, en plus des chefs d'Etat et de gouvernement, un million de personnes sont attendues d'ici à dimanche.

Cent trente mille hommes avaient débarqué en Normandie le 6 juin 1944. Fin juillet, les Alliés étaient 1,5 million. La bataille de Normandie a fait 37.000 morts côté allié, 50.000 à 60.000 côté allemand.

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