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Forte sécurité à Pékin pour le 25e anniversaire du massacre de Tiananmen

04/06/2014 08:34 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

PÉKIN, Chine - Un important dispositif de sécurité avait été déployé au coeur de Pékin, mercredi, à l'occasion du 25e anniversaire du massacre sanglant de la place Tiananmen.

Des dizaines de policiers et de soldats paramilitaires patrouillaient la vaste place publique, au centre de la ville, ainsi que les rues avoisinantes, afin d'empêcher toute commémoration d'un des chapitres les plus sombres de l'histoire chinoise.

Les forces de l'ordre interceptaient les véhicules pour en vérifier le contenu et demandaient leurs papiers d'identité aux passants.

Sous l'oeil vigilant de la police, les proches de certaines victimes de la répression leur ont rendu hommage au cimetière ou chez eux, tout en exprimant leur frustration de ne pouvoir organiser de cérémonie publique.

«Comment le monde est-il devenu ainsi? Je n'ai aucun pouvoir. Pourquoi doivent-ils nous contrôler si sévèrement chaque année?, a demandé par téléphone Yin Min, dont le fils de 19 ans a été tué sur la place Tiananmen. J'ai regardé ses cendres, j'ai regardé ses choses, et j'ai beaucoup pleuré.»

La Chine ne tolère aucune discussion publique des événements des 3 et 4 juin 1989, quand des soldats appuyés par des chars et des blindés ont tué des centaines de manifestants et témoins pacifiques au coeur de la capitale.

Le gouvernement fait essentiellement fi des familles qui réclament une admission de culpabilité de sa part et un portrait complet du massacre, notamment en ce qui concerne le nombre exact de victimes.

Près de la place Tiananmen, les journalistes ont reçu l'ordre de quitter après la cérémonie traditionnelle de lever du drapeau, à l'aube. Il n'y avait aucun signe de démonstration ou de commémoration publique. Des dizaines de dissidents et autres militants avaient déjà été épinglés par la police, placés en détention à domicile ou chassés de la ville.

Les militants notent cette année une répression encore plus sévère, ce qui témoigne de l'atmosphère politique de plus en plus conservatrice qui prévaut sous le président Xi Jinping.

À Hong Kong, toutefois, des foules importantes se sont rassemblées mercredi soir au parc Victoria pour une vigile à la chandelle annuelle qui commémore les victimes de Tiananmen. Des milliers de petites flammes ont transformé la place en mer de lumières.

Des militants ont déposé une gerbe de fleurs devant un monument commémoratif improvisé pendant qu'on récitait les noms des victimes du massacre. Les organisateurs de la manifestation affirment que 180 000 personnes y ont participé, envahissant même les rues autour de la place.

Ailleurs, le secrétaire d'État américain John Kerry a demandé à la Chine de libérer ceux toujours incarcérés en lien avec ces événements. «La place Tiananmen trouble la conscience de tous ces peuples qui aspirent à la liberté», a-t-il dit.

La version chinoise officielle maintient que les manifestants cherchaient à renverser le Parti communiste au pouvoir et à plonger la Chine dans le chaos. Les leaders des militants maintiennent qu'ils réclamaient uniquement plus de démocratie et de liberté, et la fin de la corruption et du népotisme.

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