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CRITIQUE: «In Conflict», la prouesse musicale d'Owen Pallett (VIDÉOS)

04/06/2014 10:06 EDT | Actualisé 04/06/2014 11:06 EDT

Depuis dix ans, discrètement mais sûrement, Owen Pallett s’affirme comme un ambassadeur de l’indie-rock canadien. Il vient de faire paraître chez Secret City In Conflict, deuxième album depuis qu’il a quitté son avatar Final Fantasy pour composer en son nom.

Entre une tournée mondiale au sein d'Arcade Fire, une chanson – nommée aux Oscars – pour le film Her de Spike Jonze et des chroniques musicales pour la version américaine de Slate, Owen Pallett a trouvé le temps de composer In Conflict, peut-être le meilleur album indie qu’aura vu 2014 jusqu’à maintenant. Pour cela, il a quitté Toronto pour Montréal, où il a présenté ce disque le 9 mai dernier devant un public attentif, le souffle coupé. Sur scène, Owen Pallett s’affaire, passant du violon loopé à son synthé et s’adonnant à quelques bonnes blagues. Musicien complet, il livre une prestation sensible et rythmée, à la hauteur de cet album.

Une tension plane autour d'In Conflict, Owen Pallett a laissé Lewis, le fermier ultra violent de son album Heartland, pour se concentrer sur ses propres tourments. Auteur accompli, il déballe ses conflits intérieurs: alcoolisme, rejet de la paternité, homosexualité, bipolarité, dépression, solitude… le ton est donné, mené par une voix profonde et mélancolique, aboutissant à une douzaine de pièces remarquables. Il y a chez Owen Pallett un grain de folie audible tant dans sa musique que dans ses textes. Pour autant, sa noirceur n’est pas glauque et le disque se veut moins conceptuel que ses prédécesseurs, davantage ancré pop, marqué par un Brian Eno posant sa voix çà et là.

Avec In Conflict, Pallett nous offre une prouesse musicale d’une qualité rare. Artiste reconnu par ses pairs (c’est à lui que Grizzly Bear, Beirut ou encore Last Shadow Puppets doivent leurs arrangements), Owen Pallett est un magicien des cordes. Le disque révèle de beaux efforts rythmiques, notables entre autres sur Song for Five and Six. Il explore tous les recoins et utilisations non conventionnelles de son violon, extension de lui-même, tantôt métronome, tantôt mélodie. Son violon donc, son synthé, la basse de Matt Smith et la batterie de Robbie Gordon forment un ensemble orchestral millimétré, des instruments sous contrôle qui finissent très souvent par exploser.

In Conflict est une magnifique confession et devrait donner à Owen Pallett toute l’attention qu’il mérite en Europe.

4,5/5

Owen Pallett

In Conflict

Domino / Secret City; 2014

in conflict owen pallett

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