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Corruption dans le cadre du chantier "Moïse": 35 personnes interpellées, dont le maire de Venise

04/06/2014 03:30 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Trente-cinq personnes, dont le maire de Venise, ont été interpellées mercredi matin dans le cadre d'une vaste enquête pour corruption et blanchiment d'argent en relation avec le système "Moïse", rapportent les médias italiens.

Cet immense chantier, qui mobilise une cinquantaine d'entreprises sur près de 20 km dans la lagune de Venise, consiste à installer 78 digues flottantes géantes pour protéger la ville des marées hautes et des inondations.

Lancée il y a trois ans par le parquet de Venise, l'enquête aurait permis de mettre au jour une caisse noire alimentée par des fonds provenant d'un système de fausses factures et de pots-de-vins, dans le cadre de l'attribution des marchés pour le chantier "Moïse".

Quelque 20 millions d'euros auraient ainsi été détournés et versés sur des comptes à l'étranger, à destination de partis politiques, selon les médias.

Parmi les personnes arrêtées mercredi à l'aube, figurent l'actuel maire de Venise, Giorgio Orsoni, (Parti démocrate, gauche), des chefs d'entreprise, des hommes politiques de tous bords, et un ancien général.

Une centaine de personnes sont impliquées dans cette affaire.

Le parquet de Venise a également requis l'arrestation de l'ancien gouverneur de Vénétie (1995-2010) Giancarlo Galan, ancien ministre de l'Agriculture, puis de la Culture de Silvio Berlusconi, et aujourd'hui sénateur de Forza Italia (droite).

M. Galan, 58 ans, avait posé la première pierre de ce chantier en 2003, aux côtés de Berlusconi, alors président du Conseil. Son interpellation ne pourra se faire qu'avec l'accord du Sénat.

Le chantier devrait être terminé en 2016.

La vulnérabilité de Venise, qui s'est enfoncée de 23 cm au cours du XX siècle, s'est aggravée au fil des années avec la montée du niveau de la mer.

Venise connaît chaque année plusieurs épisodes d'"acqua alta" quand la marée haute dans l'Adriatique dépasse un mètre et fait déborder les canaux, l'eau envahissant alors ses sites les plus célèbres, dont la Place Saint-Marc.

lrb/ros

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