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Afrique du Sud: Des politiciens en vue très critiqués pour leur élitisme

04/06/2014 12:36 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Deux hommes politiques sud-africains très en vue, le populiste Julius Malema et le ministre Senzeni Zokwana, étaient mercredi très critiqués sur les réseaux sociaux en raison de fortes contradictions entre leur lutte affichée contre les inégalités, et leurs pratiques élitistes.

Ainsi, le syndicaliste et nouveau ministre de l'Agriculture Senzeni Zokwana, haut responsable du parti communiste sud-africain (SACP), membre de l'ANC au pouvoir et ex-président du syndicat national des mineurs (NUM), s'est vu reprocher de payer un salaire ridiculement inférieur au minimum légal au garçon vacher qu'il emploie dans son village de Fort Malan, au Cap oriental (sud). Il lui donne un salaire de 800 rands (80 dollars), alors que le salaire minimum est de 2.420 rands.

Même au sein de son ancien syndicat, la puissante confédération du Cosatu, cette grossière entorse au droit des travailleurs a choqué, et le "camarade Zokwana" s'est vu sévèrement rappelé à l'ordre et prié de "montrer l'exemple".

Sur les réseaux sociaux, les commentaires n'étaient pas tendres: "Alors comme çà #Zokwana s'occupait d'organiser et de mener la grève contre les bas salaires alors que lui-même était le pire employeur versant des salaires d'esclave!", s'insurgeait @Senwamadi.

Interrogé par l'AFP, le ministre a souligné qu'il allait rectifier le tir. "J'ai 19 vaches sur le pré communal mais j'ai entendu les commentaires des gens et j'ai déjà pris des dispositions pour changer car je suis ministre maintenant", a-t-il dit, indiquant que son vacher serait toucherait un salaire conforme à la loi.

Autre personnalité sévèrement mise en cause, le jeune leader populiste Julius Malema, exclu de l'ANC, lui aussi champion de la cause des plus pauvres.

Il est traité de "gros menteur" sur Twitter, après avoir admis qu'il n'entendait pas renoncer à son assurance santé donnant accès aux hôpitaux privés. Il refuse également d'inscrire son fils de 8 ans à l'école publique qui "fonctionne mal".

"Pourquoi faudrait-il que je sois le premier à commettre un tel suicide?", a-t-il expliqué, alimentant une virulente polémique.

Dans une mise au point, Julius Malema a expliqué mercredi que son parti, les Combattants pour la liberté économique (EFF) "allait déposer une motion au parlement pour qu'une loi soit votée forçant tous les élus à utiliser les services publics".

Mais en l'état, "EFF ne va pas contraindre ses élus à utiliser des services publics dont il ne maîtrise pas la qualité et qu'il n'a pas le pouvoir d'améliorer".

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