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Yémen: nouveaux raids aériens contre les rebelles chiites près de Sanaa

03/06/2014 11:32 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

L'armée de l'air yéménite a lancé mardi, pour le deuxième jour consécutif, des raids contre des positions des rebelles chiites dans le nord du pays, selon des sources locales et tribales.

Les raids ont pris pour cible des positions au sud et au sud-est d'Amrane où de violents combats ont éclaté la veille lorsque l'armée est intervenue pour déloger les rebelles d'Ansarullah d'une position qui commande la route vers Sanaa, a-t-on ajouté de mêmes sources.

L'aviation est intervenue mardi pour faciliter l'avancée de renforts militaires, bloqués par les rebelles, ont indiqué les sources en faisant état de victimes dans les deux camps mais sans avancer de bilan précis.

Lundi, l'aviation était intervenue en soutien aux forces du 310e bataillon de l'armée et à leurs alliés tribaux, confrontés aux rebelles chiites, ou houthis, épaulés par des combattants tribaux.

Une source médicale avait fait état lundi de la mort d'au moins sept soldats et des sources tribales avaient dénombré 18 morts dans les rangs rebelles.

Le porte-parole d'Ansarullah, Mohamed Abdessalam, a dénoncé l'implication de l'armée de l'air dans les combats: "C'est un développement très grave et nous mettons en garde contre ses conséquences".

Il a expliqué à l'AFP que son mouvement exigeait notamment le limogeage du commandant du 310e bataillon, le général Hamdi al-Quchaibi, et du gouverneur d'Amrane, Mohamed Hassan Dammaj, qui, selon lui, sont inféodés au parti islamiste rival Al-Islah (sunnite).

Mais le général Quchaibi a réaffirmé, dans une vidéo sur Facebook, sa détermination à combattre les rebelles. "L'armée est disposée à affronter les houthis", a-t-il dit dans une rare déclaration publique.

Les rebelles chiites sont fortement implantés dans le nord du pays et contrôlent la province de Saada. Ils sont soupçonnés de chercher à gagner du terrain pour élargir leur zone d'influence dans le futur Etat fédéral, qui doit compter six provinces.

Ils avaient pris début février, après des affrontements ayant fait 150 morts, certaines localités de la province d'Amrane, en délogeant le clan des Al-Ahmar, les puissants chefs de la confédération tribale des Hached.

Les rebelles s'étaient ensuite retirés de certaines localités en vertu d'une trêve avec les tribus, et des militaires s'y étaient déployés pour empêcher une avancée des rebelles vers la capitale.

La reprise des hostilités dans le Nord vient compliquer davantage la tâche du gouvernement, confronté à un mouvement séparatiste dans le Sud et à une multiplication des attaques du réseau extrémiste d'Al-Qaïda.

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