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L'industrie de l'aluminium doit tenir compte du vieillissement de la population

03/06/2014 02:31 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - En raison du vieillissement rapide de la population, l'industrie de l'aluminium doit regarder au-delà de la forte demande de véhicules légers si elle veut connaître une croissance à long terme, a affirmé mardi un démographe canadien bien connu, David Foot.

Professeur d'économie à l'Université de Toronto, M. Foot a indiqué lors d'une conférence internationale de l'industrie à Montréal que les habitudes de dépense changeraient à mesure que les gens prendront de l'âge, ce qui pourrait avoir un impact à long terme sur la demande d'aluminium.

«Quand on atteint 60 ans et 70 ans, on conduit un peu moins nos automobiles, on prend l'avion un peu moins, de sorte que certaines des utilisations actuelles de l'aluminium, qui sont fantastiques, ne présentent pas de perspectives de croissance à long terme», a-t-il déclaré en entrevue.

Le secteur de l'aluminium prévoit une sérieuse hausse de la demande en provenance des fabricants d'avions, de trains et d'automobiles, qui utilisent de plus en plus d'aluminium afin de réduire leur poids, leur consommation de carburant et leurs émissions nocives pour l'environnement.

Bien que M. Foot ait dit ne pas douter des gains à court terme, il a estimé que les entreprises actives dans les «sociétés plus âgées» comme le Canada avaient besoin de se concentrer sur des secteurs dont les dépenses finiront pas augmenter, comme l'industrie pharmaceutique.

Par ailleurs, le président et chef de la direction de l'Association de l'aluminium du Canada (AAC), Jean Simard, a affirmé que les producteurs étaient dans un état d'esprit favorisant l'expansion depuis que le nouveau gouvernement du Québec a indiqué que le secteur jouerait un rôle clé dans ses projets de croissance pour la province lors des 10 années à venir.

M. Simard a indiqué lors de la conférence de Montréal, mardi, que le ministre québécois de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, lui avait dit être en train d'établir une politique qui aidera l'industrie, en particulier en ce qui a trait à la question des coûts de l'énergie.

Le dirigeant de l'AAC a estimé que les producteurs avaient besoin de voir les taux chuter d'environ 40 pour cent, à un niveau concurrentiel à l'échelle internationale d'environ 2,7 cents par kilowattheure, par rapport au taux commercial actuel de 4,8 cents le kWh.

Au cours des 10 dernières années, 90 pour cent des fermetures d'usines dans le monde sont survenues dans les installations aux coûts les plus élevés, tandis que les investissements ont progressivement diminué parce qu'ils ne sont plus possibles, a ajouté M. Simard.

Lors de rencontres lundi, M. Simard a indiqué que le ministre Daoust lui avait dit vouloir utiliser l'énergie et l'aluminium comme outils de développement économique pendant les cinq à dix prochaines années, en travaillant de concert avec les joueurs de l'industrie.

M. Simard a affirmé que cet engagement le rendait optimiste quant à une diminution des taux. Il a cependant estimé que d'importants investissements ne surviendraient pas du jour au lendemain.

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