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Le nouveau premier ministre libyen entre en fonction entouré par des miliciens

03/06/2014 04:22 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

TRIPOLI, Libye - Entouré par une milice islamiste, le nouveau premier ministre élu de Libye a pris ses fonctions, tandis que le premier ministre intérimaire a promis mardi de ne pas céder le pouvoir, plongeant le pays dans une nouvelle crise alors qu'un général renégat mène une offensive contre les islamistes dans l'est.

Le premier ministre intérimaire, Abdullah al-Thinni, a déclaré à la télévision qu'il avait ordonné aux forces gardant l'édifice du cabinet de baisser les armes pour éviter un bain de sang lundi soir. Des miliciens du Bouclier central de Libye — l'une des nombreuses milices payées par le gouvernement — ont alors escorté dans l'édifice le nouveau premier ministre élu, Ahmed Maiteg, selon le quotidien «Al-Wasat».

M. Maiteg, un homme d'affaires qui possède un hôtel cinq étoiles à Tripoli, la capitale, a récemment été élu chef du gouvernement par le Parlement dominé par les islamistes lors d'un vote contesté. Il a organisé son premier conseil des ministres à huis clos peu après être entré au siège du gouvernement lundi, selon un porte-parole gouvernemental, Alaa al-Kassab.

M. Al-Thinni a prévenu que les actions des milices pourraient encourager un «cycle de violences». Il a demandé de nouveau au Parlement d'attendre le jugement de la Cour suprême constitutionnelle, jeudi, sur la légalité de l'élection de M. Maiteg.

Peu avant la déclaration de M. Al-Thinni, un groupe de députés islamistes a diffusé une déclaration télévisée l'accusant d'avoir échoué à rétablir la sécurité en Libye et de faire obstacle à la prise de fonction de M. Maiteg. Ils ont affirmé que M. Al-Thinni était disparu alors que les membres de son cabinet quittaient le pays pour empêcher la transition du pouvoir.

La lutte politique entourant le poste de premier ministre risque d'aggraver davantage la crise dans le pays, alors que le général renégat Khalifa Hifter et des unités militaires qui lui sont fidèles combattent les milices islamistes à Benghazi, dans l'est. Le général, qui a dirigé l'armée libyenne à l'époque du dictateur Mouammar Kadhafi, récolte des appuis parmi les militaires, les politiciens anti-islamistes, les tribus et les diplomates dans sa volonté d'écraser les milices qu'il tient responsables de l'instabilité chronique en Libye.

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