POLITIQUE

Le gouvernement Marois a-t-il caché un trou de 4 milliards$? Rapport du vérificateur général du Québec Michel Samson

03/06/2014 01:56 EDT | Actualisé 03/06/2014 02:21 EDT
PC

QUÉBEC - Le vérificateur général affirme que le gouvernement Marois connaissait dès novembre 2013 l'existence d'un trou de près de 4 milliards pour atteindre son déficit prévu de 1,75 milliard en 2014-2015.

Michel Samson a déposé mardi sa vérification du solde budgétaire du gouvernement pour les années 2014-2015. Alors que le budget Marceau de février dernier annonçait un déficit de 1,75 milliard, le vérificateur général affirme que le gouvernement aurait dû couper 3,9 milliards$ en dépenses pour atteindre sa cible.

De plus, le budget Marceau limitait la croissance des dépenses des programmes à 2%. Celle-ci sera plutôt de 6,7% pour l'année en cours. À elle seule, la rémunération représente 2,5% de la croissance des dépenses en raison des conventions collectives qui arrivent au maximum de l'échelle salariale.

Les régimes de retraite du gouvernement constituent le deuxième poste de croissance le plus important, à 0,9%.

La hausse salariale des médecins spécialistes, qui fait présentement l'objet d'une renégociation, fait également partie de cette croissance des dépenses. Le gouvernement Marois avait toutefois déjà annoncé son intention de renégocier l'entente qui coûtera à terme près d'un milliard$.

Ce déficit potentiel de près de 5,7 milliards$ est beaucoup plus important que celui de 2,5 milliards$ prévu pour l'année 2013-2014.

Marceau réagit

Avant même le dépôt du rapport, l'ex-ministre des Finances Nicolas Marceau a tenu à réagir sur la foi des informations publiées lundi soir par Radio-Canada. On y faisait déjà part d'un déficit potentiel de 5,48 milliards$.

Le député péquiste a souligné qu'un déficit potentiel est composé des revenus, d'une part, et de l'ensemble des dépenses potentielles, ce qui inclut la reconduction des programmes existants et les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement.

«Alors, dans le fond, ce qu'on mesure, c'est le déficit si le gouvernement disait oui à tout ce qui est demandé dans la liste de souhaits, dit-il. C'est le déficit si le gouvernement ne disait jamais non à ce qui est dans la liste de souhaits.»

Quant aux nombreuses annonces faites par le gouvernement Marois à la veille des élections, Nicolas Marceau affirme que son gouvernement avait toutes les intentions de les réaliser. «[...] nous aurions trouvé l'espace dans les programmes existants pour nous assurer que ces programmes-là, ces nouvelles mesures-là puissent aller de l'avant», s'est-il défendu.

Une vérification préélectorale?

Afin d'éviter la répétition d'une telle surprise dans les années à venir, le vérificateur général propose de vérifier avant chaque élection la validité du plus récent budget. Une mesure similaire est déjà en place en Ontario et exige moins de ressources que la création d'un poste de directeur parlementaire du budget, comme au fédéral.

Cette vérification serait d'autant plus prévisible depuis l'adoption de la loi sur les élections à date fixe.

Le rapport du vérificateur général met la table pour le dépôt du budget Leitao mercredi. Déjà, le contexte budgétaire annonce des compressions importantes.


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