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L'ancien maréchal El-Sissi élu président de l'Égypte avec 96,9 % des voix

03/06/2014 01:11 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - L'ancien chef de l'armée égyptienne, Abdel-Fattah el-Sissi, a été officiellement déclaré président du pays, mardi, après avoir remporté l'élection présidentielle pour remplacer le dirigeant islamiste renversé par l'armée l'été dernier.

La commission électorale a annoncé les résultats officiels du scrutin, qui montrent que l'ancien maréchal a remporté 96,9 pour cent des votes, avec un taux de participation de 47,45 pour cent. Abdel-Fattah el-Sissi a ainsi obtenu 23,78 millions de voix, tandis que son seul rival, le politicien de gauche Hamdeen Sabahi, a reçu seulement 318 000 votes, soit moins que le nombre de votes invalides et rejetés, qui totalisent 1,4 million.

Après l'annonce de la victoire de M. El-Sissi, des centaines de personnes rassemblées sur la place Tahrir, au Caire, ont célébré en lançant des feux d'artifice et en entonnant des chants militaires.

Dans son premier discours en tant que président, mardi soir, M. El-Sissi a déclaré aux Égyptiens qu'il était maintenant «temps de travailler». Il a assuré ses compatriotes que leur «coopération dans le travail et la construction mènera à la prospérité et à l'opulence».

Le nouveau président a remercié ses électeurs et a souhaité être «à la hauteur de (leur) confiance».

La victoire d'Abdel-Fattah el-Sissi ne faisait aucun doute, mais le militaire de carrière espérait un taux de participation élevé, autant pour donner une légitimité au renversement du président islamiste démocratiquement élu que pour justifier les mesures de répression contre les Frères musulmans et leurs partisans islamistes.

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite, qui soutenait la candidature de M. El-Sissi et s'opposait fermement aux Frères musulmans, l'a rapidement félicité, estimant que sa victoire mettait fin aux troubles dans lesquels l'Égypte était plongée depuis le renversement du dictateur Hosni Moubarak par un soulèvement populaire, en 2011.

«C'est un jour historique», a déclaré le roi à l'agence de presse officielle saoudienne. «Le peuple égyptien fraternel a souffert durant la période passée de chaos», a-t-il dit. Le roi saoudien a appelé à l'organisation d'une conférence de donateurs pour aider l'Égypte à «sortir du tunnel», en référence à son économie anéantie.

Les promesses de stabilité de M. El-Sissi, avivées par des mois de rhétorique nationaliste dans presque tous les médias égyptiens, lui ont attiré un nombre considérable d'appuis. L'ancien chef de l'armée a délogé du pouvoir Mohammed Morsi le 3 juillet après de grandes manifestations contre le président islamiste et les Frères musulmans, et depuis, les médias le présentent comme le sauveur de la nation.

Ses opposants craignent toutefois le retour de certaines pratiques du régime autoritaire de Moubarak. Depuis le renversement de M. Morsi, de nouvelles lois limitent considérablement les manifestations, et durant sa campagne, M. El-Sissi a montré peu de tolérance pour la dissidence qui pourrait perturber sa volonté d'imposer la stabilité dans le pays. Lundi, le ministère de l'Intérieur a annoncé son intention d'accroître sa surveillance sur Internet pour une variété de «dangers» allant de l'extrémisme aux «moqueries humiliantes» visant des responsables politiques.

Les médias sociaux ont joué un rôle de premier plan dans l'organisation du mouvement populaire de 2011 qui a mené à la chute du régime Moubarak et à l'effondrement de son système de sécurité.

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