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Irak: 33 morts dans des violences, dont 18 dans un bombardement à Fallouja

03/06/2014 09:16 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Trente-trois personnes ont été tuées mardi dans des violences à travers l'Irak, dont 18 dans un bombardement sur la ville de Fallouja tenue depuis début janvier par des insurgés, selon des responsables médicaux et des services de sécurité.

L'Irak a renoué avec le niveau de violences de 2008, quand le pays sortait à peine d'un conflit confessionnel sanglant après l'invasion américaine de 2003.

A Fallouja, à 60 km à l'ouest de Bagdad, un bombardement a fait 18 morts et 43 blessés, a indiqué un médecin de l'hôpital de la ville.

Le bombardement, qui s'est produit à la mi-journée, a touché un marché, des bureaux municipaux et les environs de l'hôpital, selon un correspondant de l'AFP à Fallouja.

Cette ville ainsi que des secteurs de Ramadi, 40 km plus à l'ouest, échappent depuis début janvier au contrôle des autorités.

L'armée irakienne bombarde régulièrement la ville et a tenté plusieurs offensives au sol pour tenter de la reprendre.

L'armée affirme viser des caches d'insurgés lors de ses bombardements, mais des habitants et groupes de défense des droits de l'Homme assurent que les civils en sont les premières victimes.

Human Rights Watch (HRW) a accusé le mois dernier l'armée de larguer des barils d'explosifs sur des zones d'habitation et d'avoir visé l'hôpital de Fallouja, en violation des lois internationales.

La crise dans la province d'Al-Anbar a débuté le 30 décembre avec le démantèlement à Ramadi d'un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux, qui dénonçaient la marginalisation de leur communauté par les autorités dominées par les chiites.

Ailleurs dans le pays, des attaques et assassinats ont fait 15 morts mardi, ont indiqué des responsables médicaux et des services de sécurité.

A Iskandariya, au sud de Bagdad, deux personnes ont été tuées par balles et trois avec des couteaux par des insurgés sur une route, pour des raisons qui restent encore obscures.

Iskandariya est situé dans une zone multiconfessionnelle surnommée le "Triangle de la mort" en raison des nombreuses violences qui s'y étaient produites au plus fort des affrontements confessionnels de 2006-2007.

Dans la capitale elle-même, un fonctionnaire a été abattu, tandis que trois personnes étaient tuées dans des attaques dans la périphérie nord de Bagdad.

Dans le nord du pays, six personnes, dont quatre policiers, ont péri dans des attaques dans les provinces de Salaheddine, Ninive et Kirkouk.

Les violences ont fait plus de 4.000 morts dans le pays depuis le début de l'année, dont 900 pour le seul mois de mai.

Les autorités imputent cette escalade à des facteurs extérieurs, au premier rang desquels la guerre en Syrie voisine. Mais diplomates et experts affirment que les violences sont surtout alimentées par la colère de la minorité sunnite, qui s'estime marginalisée et maltraitée par les autorités dominées par les chiites.

Les responsables politiques cherchent depuis plusieurs semaines à constituer des alliances en vue de la formation d'un gouvernement, que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki entend continuer à diriger, même si les législatives du 30 avril ne lui ont pas donné de majorité claire.

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