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Energie: Bruxelles demande à Sofia de suspendre la construction du gazoduc russe South Stream

03/06/2014 10:40 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

La Commission européenne a demandé mardi à Sofia de suspendre la construction du gazoduc South Stream sur son territoire en arguant que les règles européennes pour les marchés publics n'avaient pas été respectées par la Bulgarie.

La Commission a adressé une lettre d'avertissement aux autorités bulgares, première étape d'une procédure d'infraction, pour faire suspendre la construction du tronçon de South Stream sur le territoire Bulgare, a annoncé la Commission.

"La préférence donnée à des entreprises russes et bulgares sans publication des appels d'offres au journal officiel de l'UE est une claire violation des règles européennes pour les marchés publics", a expliqué Sabine Berger, porte-parole du commissaire à l'Energie Gunther Oettinger.

"La Commission a demandé des explications et réclamé la suspension des travaux tant que les discussion n'ont pas abouti", a-t-elle précisé.

"La Commission a proposé de suspendre South Stream tant que le projet ne sera pas conforme avec le droit européen", a ajouté Mme Berger.

"Nous ne bloquons pas, mais nous voulons le respect du droit européen", a-t-elle insisté.

En dépit des réticences de Bruxelles, Sofia entendait mener les travaux de construction du gazoduc South Stream sur son territoire. La Bulgarie a annoncé le mois dernier que les travaux de construction du gazoduc seraient menés dans ce pays par la société Stroytransgaz, qui appartient à un proche de Poutine, frappé par les sanctions américaines.

Mardi dernier déjà, en marge d'un sommet européen à Bruxelles, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso avait tancé le Premier ministre bulgare, Plamen Orecharski en l'avertissant que la Commission allait prendre des mesures contre la Bulgarie pour non-respect des règles de l'UE dans les accords South Stream.

"Lors du Conseil européen, je n'ai laissé place à aucune illusion. Nous agirons chaque fois que nous estimerons que les règles du marché intérieur en matière d'énergie ne sont pas respectées. Selon nous, tel est le cas avec les accords conclus par la Bulgarie", avait dit M. Barroso.

Mené par le géant russe du gaz Gazprom et le groupe énergétique italien ENI, South Stream doit relier la Russie à la Bulgarie via la mer Noire en contournant l'Ukraine, avant de poursuivre vers la Grèce et l'Italie, la Serbie, la Hongrie, la Slovénie et éventuellement l'Autriche.

Sur fond de crise en Ukraine, le Parlement européen avait déjà pris mi-avril une résolution non contraignante demandant la suspension du projet, une décision contestée par plusieurs capitales dont Sofia et Budapest, pour qui la crise actuelle est au contraire un argument pour accélérer les efforts.

Le projet de gazoduc South Stream n'avancera pas tant que la Russie ne changera pas de cap sur l'Ukraine, avait prévenu dans un entretien publié dimanche le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger.

"Nous reprendrons les négociations quand le partenaire russe se conformera à nouveau aux usages du droit international et sera prêt à une coopération constructive sur la base de notre droit de l'énergie", avait dit M. Oettinger à l'hebdomadaire allemand Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAS).

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