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Ukraine: violents combats dans l'Est séparatiste, Washington accuse Moscou

02/06/2014 10:31 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Des combats meurtriers impliquant snipers, mortiers et lance-roquettes faisaient rage lundi entre gardes-frontières et séparatistes prorusses à Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, Washington accusant la Russie de déstabiliser cette région en laissant passer des armes et des combattants.

Une attaque d'envergure lancée dans la nuit par une centaine de rebelles contre le siège régional des gardes-frontières à la périphérie de Lougansk, centre régional de 450.000 habitants, se poursuivait dans l'après-midi, a constaté un photographe de l'AFP.

Des snipers tiraient sur le bâtiment depuis les toits de deux immeubles d'habitation de neuf étages à proximité. Ils étaient soutenus par des insurgés se trouvant en bas, armés de kalachnikov et de lance-roquette.

Le photographe a vu le corps d'un sniper séparatiste porté par ses camarades en bas de l'immeuble et des médecins d'urgence qui ont constaté sa mort.

Les gardes-frontières ont affirmé avoir tué cinq rebelles et blessé huit. Dans leurs rangs, sept hommes ont été blessés dont quatre brièvement au cours de cette attaque, ont-ils annoncé dans un communiqué.

Les combats ont repris en début d'après-midi après un court armistice pour évacuer les blessés.

Les Etats-Unis ont affirmé lundi détenir des "preuves" que Moscou continuait à laisser passer des "combattants" et des "armes" dans l'est de l'Ukraine.

La Russie a toujours rejeté les accusations sur son implication dans la déstabilisation de l'Ukraine et exige que Kiev cesse son "opération punitive" dans l'Est. Lundi le chef de la diplomatie russe SergueÏ Lavrov a demandé des "couloirs humanitaires" dans l'est de l'Ukraine dans un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les violences dans cette partie du pays ont fait près de 200 morts --soldats, rebelles, civils-- depuis son déclenchement le 13 avril.

- répit dans la guerre du gaz -

Su le front énergétique, la Russie a accordé à Kiev un répit d'une semaine en repoussant jusqu'au 9 juin son ultimatum sur le gaz et la menace d'une coupure d'approvisionnement qui inquiète l'Europe, objet de négociations cruciales à Bruxelles.

Quelques heures avant le début de négociations à Bruxelles, le PDG de Gazprom Alexeï Miller a confirmé avoir reçu un versement de 786 millions de dollars de Kiev tout en rappelant que la totalité de la dette s'élevait à 2,3 milliards de dollars pour le gaz livré au 1er avril.

Le groupe gazier a également adouci sa position sur le règlement des livraisons après cette date, à laquelle le prix du gaz a été fixé à un prix sans équivalent en Europe, ne réclamant que des "progrès".

Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a promis dimanche que l'Ukraine rembourserait sous dix jours sa dette gazière à la Russie, si les deux pays arrivaient à se mettre d'accord lundi sur les termes d'un nouveau contrat.

Pour l'expert ukrainien Iouri Koroltchouk, l'Ukraine "a gagné du temps" pour que Petro Porochenko, qui sera investi président le 7 juin, puisse mener les négociations.

- semaine déterminante -

M. Porochenko doit rencontrer dès mercredi le président américain Barack Obama dont le soutien est crucial pour l'Ukraine.

Il pourra aussi croiser le chef de l'Etat russe Vladimir Poutine lors des célébrations le 6 du débarquement allié en Normandie où il a été invité par le président français François Hollande, même si leur rencontre n'est pas envisagée, selon le Kremlin.

C'est le Premier ministre britannique qui rencontrera le chef du Kremlin en Normandie en tête-à-tête pour évoquer la crise ukrainienne et "insister sur l'importance d'un dialogue entre le gouvernement russe et le nouveau gouvernement ukrainien".

La poussée de fièvre avec la Russie sur l'Ukraine -- plus forte confrontation en Europe depuis la fin de la Guerre froide -- pèsera sur chaque étape de Barack Obama en Europe cette semaine, de la Pologne à la Normandie pour la commémoration du 6 juin 1944, en passant par un sommet du G7 à Bruxelles jeudi.

Ce sommet remplace celui du G8 prévu initialement avec et en Russie le même jour, qui a été annulé à cause de la crise ukrainienne.

M. Porochenko pourrait évoquer avec lui une aide militaire américaine à l'Ukraine. En visite à Kiev lundi, l'assistant au secrétaire américain à la Défense, Derek Chollet, a indiqué avoir discuté avec les autorités ukrainiennes d'une "assistance de 18 millions de dollars et de la coopération à long terme pour renforcer les structures de défense ukrainiennes".

Kiev et les Etats-Unis dénoncent la présence de citoyens russes, notamment des Tchétchènes, parmi les insurgés et leur équipement en armes, y compris lourdes.

"Il y a des preuves que la Russie continue à permettre la libre circulation d'armes, de fonds et de combattants via sa frontière" avec l'Ukraine, a déclaré lundi le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew dans un discours à Washington.

Sur le terrain, les combats sont nombreux et de plus en plus violents. L'anarchie s'est emparé d'une grande partie de la région et même de Donetsk, centre régional d'environ un million d'habitants.

Le rédacteur en chef d'un journal régional Donbass a été enlevé lundi par des hommes armés qui ont fait irruption dans la rédaction, ont annoncé ces collègues.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est par ailleurs sans nouvelles de deux équipes déployées dans la région et présumées être aux mains des séparatistes : l'une depuis lundi dans la région de Donetsk et l'autre depuis jeudi dans celle de Lougansk, soit au total huit observateurs.

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