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Syrie: 50 morts en deux jours dans des bombardements rebelles à Alep (ONG)

02/06/2014 07:22 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Au moins 50 personnes, dont neuf enfants, ont été tuées en deux jours de bombardements rebelles sur des zones tenues par le régime à Alep, dans le nord de la Syrie, a indiqué une ONG lundi.

Parallèlement, dix personnes ont péri lundi dans un attentat à la voiture piégée dans le village d'Al-Haraki, province de Homs (centre), a annoncé la télévision officielle.

Cette escalade survient à la veille de l'élection présidentielle controversée que Bachar al-Assad est assuré de remporter.

"Au moins 50 personnes, dont 9 enfants, ont été tuées par des tirs d'obus et de roquettes sur les zones tenues par le régime" à Alep, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ces bombardements ont tué 23 personnes samedi et 27 dimanche.

En plus de ces 50 victimes, 230 personnes ont été tuées en deux mois par des bombardements rebelles contre les zones gouvernementales.

Selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, "l'escalade rebelle contre les zones tenues par le régime est liée à l'élection (présidentielle) imminente". L'opposition a dénoncé comme une "farce" ce scrutin qui se déroulera dans les régions tenues par le régime.

Quelque 2.000 civils, dont 500 enfants, ont péri dans des raids aériens du régime contre les régions rebelles à Alep depuis janvier, selon l'OSDH, une ONG basée en Grande-Bretagne qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales et militaires en Syrie.

Quatre personnes ont encore été tuées lundi dans ces bombardements de l'armée de l'air avec des barils d'explosifs sur les quartiers rebelles de Sakhour, Hanano et Chaar, et 13 dimanche soir dans ce dernier quartier, toujours d'après l'OSDH.

Mais "le fait que le régime largue des barils d'explosifs sur les civils dans les régions rebelles ne justifie pas (que les rebelles) visent des civils dans les régions gouvernementales", a jugé M. Abdel Rahmane, en rappelant que "viser les civils est un crime de guerre".

Dans la même province, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe ultra-radical, ont enlevé plus de 150 étudiants kurdes sur la route Alep/Menbej, qui venaient de passer des examens dans les quartiers ouest d'Alep, selon l'OSDH.

L'EIIL a relâché les étudiantes --moins de dix-- et emmené les étudiants pour leur donner des cours sur l'islam pendant dix jours, a précisé l'ONG.

Dans la province de Homs, une "explosion terroriste (...) a fait dix morts et causé d'importants dégâts dans les maisons" dans le village de Haraki lundi, a annoncé la télévision d'Etat. Dans le vocabulaire officiel, le terme "terroriste" désigne les rebelles.

"Elle a été provoquée par une voiture piégée tractant une citerne", a précisé la télévision.

De son côté, l'OSDH a fait état de huit morts et de douze blessés dans l'attentat de Haraki, un village "habité par des alaouites", la communauté à laquelle appartient Bachar al-Assad.

Par ailleurs, à Damas, des obus de mortier ont été tirés sur les quartiers de Qassaa, Mazzé et près d'un centre de la Sécurité à Bab Moussala, selon l'OSDH.

La guerre en Syrie a fait plus de 162.000 morts en trois ans et contraint près de la moitié de la population à fuir leur foyer.

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