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La Russie repousse d'une semaine son ultimatum sur le gaz à l'Ukraine

02/06/2014 04:41 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT
Bloomberg via Getty Images
Ice covers valve control wheels connected to pipe work at OAO Gazprom's new Bovanenkovo deposit, a natural gas field near Bovanenkovskoye on the Yamal Peninsula in Russia, on Tuesday, Oct. 23, 2012. OAO Gazprom, the Russian supplier of a quarter of Europe's natural gas, said it's expanded production and storage capacity to meet winter demand, avoiding a repeat of the shortfall that occurred at the start of the year. Photographer: Alexander Zemlianichenko Jr./Bloomberg via Getty Images

La Russie a repoussé lundi d'une semaine son ultimatum sur le gaz à l'Ukraine et la menace d'une coupure d'approvisionnement qui inquiète l'Europe, objet de négociations cruciales à Bruxelles.

Ces négociations ont lieu dans le cadre d'une semaine déterminante pour l'Ukraine, au bord de la guerre civile.

La Russie a demandé lundi des "couloirs humanitaires" dans l'est du pays, où de violents combats se poursuivent entre l'armée et les séparatistes.

Le président élu Petro Porochenko doit rencontrer dès mercredi le président américain Barack Obama, et pourra aussi croiser le chef de l'Etat russe Vladimir Poutine lors des célébrations le 6 du débarquement allié en Normandie.

Sur le front énergétique le géant semi-public Gazprom, qui avait menacé de fermer le robinet pour l'Ukraine dès mardi, a annoncé avoir repoussé au 9 juin le passage au système de prépaiement pour ses livraisons de gaz à Kiev, qui signifiait une possible coupure d'approvisionnement.

Quelques heures avant le début à Bruxelles de négociations sur le gaz, le PDG de Gazprom Alexeï Miller a confirmé avoir reçu un versement de 786 millions de dollars de Kiev tout en rappelant que la totalité de la dette s'élevait à 2,3 milliards de dollars pour le gaz livré au 1er avril.

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a promis dimanche que l'Ukraine rembourserait sous dix jours sa dette gazière à la Russie, si les deux pays arrivaient à se mettre d'accord lundi sur les termes d'un nouveau contrat.

Les discussions porteront sur le prix du gaz, fixé par Moscou à un niveau sans équivalent en Europe après l'arrivée au pouvoir des prooccidentaux. Kiev refuse catégoriquement de payer ce prix.

Pour l'expert ukrainien Iouri Koroltchouk, l'Ukraine "a gagné du temps" pour que Petro Porochenko, qui sera investi président le 7 juin, puisse mener les négociations.

- Semaine déterminante -

Elu le 25 mai avec plus de 54% des voix, le milliardaire pro-occidental rencontre mercredi en Pologne M. Obama dont le soutien est crucial pour l'Ukraine, avant de côtoyer aussi Vladimir Poutine aux cérémonies du Débarquement en Normandie, où il a été invité par le président français François Hollande.

Les discussions avec M. Obama pourraient porter sur une aide militaire américaine à l'Ukraine. En visite à Kiev lundi, l'assistant au secrétaire américain à la Défense, Derek Chollet, a indiqué avoir discuté avec les autorités ukrainiennes d'une "assistance de 18 millions de dollars et de la coopération à long terme pour renforcer les structures de défense ukrainiennes".

La poussée de fièvre avec la Russie sur l'Ukraine -- plus forte confrontation en Europe depuis la fin de la Guerre froide -- pèsera sur chaque étape de Barack Obama en Europe cette semaine, de la Pologne à la Normandie pour la commémoration du 6 juin 1944, en passant par un sommet du G7 à Bruxelles.

Ce sommet remplace celui du G8 prévu initialement avec et en Russie le même jour, qui a été annulé à cause de la crise ukrainienne.

M. Porochenko a dit vouloir dialoguer avec M. Poutine, tout en affichant la plus grande fermeté face aux séparatistes prorusses qu'il qualifie de "terroristes".

La Russie, qui rejette toute responsabilité dans la déstabilisation de l'Ukraine, exige que Kiev cesse son "opération punitive" dans l'Est qui a fait près de 200 morts - soldats, rebelles, civils - depuis son déclenchement le 13 avril.

La Russie devait proposer lundi un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU demandant "la création immédiate de couloirs humanitaires pour que les civils puissent quitter les zones de combat", selon le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov.

Kiev et les Etats-Unis dénoncent de leur côté la présence de citoyens russes, notamment des Tchétchènes, parmi les insurgés et leur équipement en armes, y compris lourdes.

La question pourrait être évoquée lundi à l'occasion d'une session du conseil Russie-Otan à Bruxelles, la première depuis le rattachement en mars de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie, détonateur du conflit entre Moscou et les Occidentaux.

Sur le terrain, les combats sont nombreux et de plus en plus violents. L'anarchie s'est emparée d'une grande partie de la région et même de Donetsk, centre régional d'environ un million d'habitants.

Les gardes-frontières ukrainiens ont fait état d'une attaque d'envergure lancée dans la nuit contre leur unité à Lougansk, une ville de l'Est ukrainien, qui a fait sept blessés dans leur rang et huit attaquants tués.

Les insurgés "utilisent des lance-roquettes, mortiers et fusils automatiques", ont indiqué les gardes-frontières dans un communiqué.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est par ailleurs sans nouvelles de deux équipes déployées dans la région et présumées être aux mains des séparatistes : l'une depuis lundi dans la région de Donetsk et l'autre depuis jeudi dans celle de Lougansk, soit au total huit observateurs.

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