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Mondial-2022: un système de corruption "plausible" selon l'expert suisse Pieth

02/06/2014 01:52 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Le professeur de droit Mark Pieth, qui a notamment mené une mission de deux ans sur la Fifa en termes de gouvernance, a estimé lundi que le système de corruption présumée à la Fifa, lors de l'attribution du Mondial au Qatar, est "plausible".

Les révélations du Sunday Times seraient "tout à fait plausibles, même s'il peut être surprenant que les dessous de table aient été versés de manière aussi claire et directe, et non pas par des voies plus détournées", a-t-il expliqué dans une interview au journal suisse Le Temps et visible sur son site internet.

M. Pieth a été mandaté par la Fifa pour l'aider à se réformer en profondeur, et a terminé sa mission à la fin 2013. Il a rédigé un livre sur sa mission à paraître ces prochains jours et intitulé "Reforming Fifa", après avoir remis son rapport à la Fifa.

M. Pieth a expliqué sa réaction par le fait que quand il est arrivé en 2011 à la Fifa, il a fait "connaissance avec un univers dominé par les jeux de pouvoir, le patronage et les patriarches installés depuis des décennies".

"Trop de personnes à la Fifa, a-t-il dit, ont accumulé les dettes et des faveurs à recevoir".

Interrogé sur le fait que d'autres Coupes du monde aient pu être achetées, M. Pieth a répondu: "c'est bien possible. Avec d'autres sommes, ou d'autres compensations".

Concernant les révélations du Sunday Times, M. Pieth a ajouté que "si ces informations sont vraies elles vont provoquer un séisme au sein de la Fifa. Ensuite, cette affaire va constituer un premier grand test pour le travail de la CIG (Commission indépendante de la Gouvernance), et notamment pour les différents comités dont nous avons recommandé la mise en place".

M. Pieth a encore indiqué qu'il y a "déjà eu plusieurs scandales de ce type, mais c'est la première fois qu'il faudra se poser la question de l'attribution de la Coupe du monde".

"Va-t-on la retirer du Qatar? Va-t-on revoter? Tout n'est pas si simple, les enjeux financiers sont énormes", a ajouté l'expert qui estime que "la réponse à toutes ces questions représente un sacré risque pour la Fifa".

mnb/dac

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