NOUVELLES

Le mariage entre Alitalia et Etihad se fera bien d'ici à la mi-juin

02/06/2014 12:45 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Le mariage entre le transporteur italien en difficultés Alitalia et "sa fiancée" depuis décembre, la compagnie aérienne émiratie Etihad, se fera bien, vraisemblablement d'ici à la mi-juin, après la signature dimanche d'une déclaration commune des deux compagnies.

"Etihad Airways a confirmé aujourd'hui (dimanche, ndlr) qu'elle enverrait une lettre qui précisera les conditions et les critères de son projet d'investissement dans le capital" d'Alitalia, selon cette déclaration.

Selon le ministre italien des Transports, Maurizio Lupi, "l'investissement (de la part d'Etihad, ndlr) devrait atteindre les 600 millions d'euros". Il sera accompagné "d'un grand plan industriel de relance des aéroports italiens, tels Rome-Fiumicino et Milan-Malpensa".

Mais aussi d'un plan social qui se traduirait par le "licenciement sec" de 2.200 employés de la compagnie italienne (sur un total de 12.800), croit savoir le quotidien Corriere della Sera, soit "moins que l'hypothèse jusqu'à présent admise de 2.600 à 3.000".

Généralement bien informé sur le sujet, le quotidien romain Il Messaggero, table quant à lui toujours sur le chiffre de 3.000 licenciés, "un sujet d'angoisse pour les syndicats, favorables au mariage avec les Arabes", tandis que La Stampa avance plutôt le chiffre de 2.600.

La presse italienne est en tous les cas unanime pour affirmer qu'Etihad prendrait 49% du capital d'une "newco" ("new company", nouvelle entreprise), "dans laquelle seraient concentrées les activités opérationnelles" de la compagnie italienne, "mais non son passif", qui resterait aux mains d'une holding entièrement contrôlée par ses actuels actionnaires (un consortium d'industriels) à hauteur de 51%.

Ce seuil des 49% permettra à la société contrôlée par la famille royale émiratie de préserver le statut "européen" d'Alitalia, comportant une série d'avantages.

Selon La Stampa, les banques possédant des parts du capital d'Alitalia - Intesa San Paolo et Unicredit notamment - auraient accepté de réduire d'un tiers l'énorme dette de la compagnie, qui dépasse le milliard d'euros, les deux tiers restants étant convertis en actions.

Interrogé à Doha en marge du sommet annuel de l'Association internationale du transport aérien, le PDG d'Air France, Alexandre de Juniac, a déclaré lundi que la prise de participation d'Etihad dans Alitalia était "probablement une opération amicale" pour le groupe franco-néerlandais.

Air France-KLM est lui-même actionnaire de la compagnie italienne à hauteur de 7,08% et les deux transporteurs sont liés par une joint-venture avec Delta Airlines sur les vols transatlantiques.

"C'est dans l'intérêt du nouvel actionnaire de conduire Alitalia vers le succès", a commenté de son côté Camiel Eurlings, PDG de KLM.

La lettre stipulant les modalités de l'accord final sera examinée par le conseil d'administration d'Alitalia, convoqué vendredi.

"Après l'approbation et la confirmation de l'acceptation par le CA et ses actionnaires", précise la déclaration commune des deux compagnies, elles procéderont alors "à la préparation du document final", qui pourrait être dévoilé à la mi-juin.

Dans un entretien au Messaggero, M. Lupi a salué lundi "un projet stratégique pour le pays, pour le transport aérien, pour l'emploi".

Selon le quotidien romain, "l'objectif du plan d'Etihad est de transformer Alitalia en une compagnie 5 étoiles d'ici à cinq ans", en mettant en place un "stratégie de marques" made in Italy (Ferrari, Armani, Dolce&Gabbana ou Ferrero) dès 2018, qui deviendront des "ambassadeurs pour attirer une nouvelle clientèle".

La compagnie émiratie tablerait sur "une reprise des bénéfices en 2017 (de l'ordre de 108 millions d'euros), avec un chiffre d'affaires avoisinant les 3,7 milliards (contre 2,7 au cours des neuf premiers mois de 2013, ndlr), tandis que les marges opérationnelles brutes s'élèveraient à 526 millions".

Pour ce faire, le nombre de passagers (actuellement de l'ordre de 24 millions par an) devra augmenter sur les liaisons internationales, plus rentables, et diminuer sur les vols intérieurs.

Ainsi, sept nouvelles destinations sont prévues dès 2015, explique encore Il Messaggero, avec un effort tout particulier fait en destination des pays émergents.

L'Italie est le quatrième marché en Europe pour le marché aérien et, à travers Alitalia, Etihad pourra s'attaquer aux juteuses parts de marché du transporteur allemand Lufthansa, leader auprès de la clientèle des riches régions industrielles du Nord.

lrb/sym

PLUS:hp