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Le gouvernement palestinien prête serment, promet de mettre fin à la division

02/06/2014 01:22 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Le nouveau gouvernement palestinien a prêté serment lundi devant le président Mahmoud Abbas, un cabinet composé de personnalités indépendantes soutenu par le Hamas qu'Israël a l'intention de boycotter.

"Aujourd'hui, avec la formation d'un gouvernement d'union nationale, nous annonçons la fin de la division palestinienne qui a fait beaucoup de tort à notre cause nationale", a déclaré M. Abbas à la Mouqataa, le siège de la présidence palestinienne à Ramallah (Cisjordanie), après la brève prestation de serment des ministres.

Israël a réagi en dénonçant une alliance avec "l'organisation terroriste Hamas" et a menacé de prendre des mesures de rétorsion "supplémentaires" contre l'Autorité palestinienne.

La cérémonie unitaire à Ramallah n'a pas empêché des tensions de dernière minute, notamment sur l'attribution du ministère des Prisonniers, source de conflit, finalement placé sous la responsabilité des Affaires sociales en attentant que son avenir soit réglé.

Composé de 17 ministres, dont 5 de Gaza, c'est un exécutif de transition qui a pour mission prioritaire de préparer des élections présidentielle et législatives d'ici la fin de l'année.

Dirigé par le Premier ministre sortant Rami Hamdallah, un universitaire respecté mais relativement peu connu à l'étranger, ce gouvernement de "consensus" a été accueilli sans réjouissances particulières par la "rue palestinienne", échaudée par des échecs précédents.

"Nous avons attendu ce moment pendant sept longues années. Nous espérons que le nouveau gouvernement mettra fin au blocus (du territoire) et améliorera la situation économique, surtout de l'emploi", ont répondu des habitants de Gaza interrogés par l'AFP.

- 'Union de tous les Palestiniens' -

Le mouvement islamiste Hamas a salué un gouvernement d'union de "tous les Palestiniens" et lui a remis formellement le pouvoir qu'il détenait depuis 2007 dans la bande de Gaza.

"Le gouvernement palestinien de consensus national est le gouvernement d'un peuple et d'un seul système politique", a déclaré le Premier ministre de facto du Hamas à Gaza, Ismaël Haniyeh, qui a remis sa démission et celle de son gouvernement.

"Nous quittons le gouvernement mais pas la nation. Nous quittons les ministères mais pas les affaires de la nation", a dit M. Haniyeh dans un discours télévisé.

L'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dominée par le mouvement nationaliste Fatah de M. Abbas, et le Hamas avaient signé le 23 avril un nouvel accord de réconciliation pour mettre fin à la division politique depuis 2007 entre la Cisjordanie, dont l'Autorité palestinienne administre les zones autonomes, et la bande de Gaza dirigée par le Hamas et sous blocus israélien.

Le président Abbas a d'ores et déjà promis que le nouveau gouvernement rejetterait la violence, reconnaîtrait Israël et respecterait les engagements internationaux, afin de rassurer la communauté internationale sur sa volonté de paix avec Israël.

Il a reçu dimanche un appel téléphonique du secrétaire d'Etat américain John Kerry et a cherché à le tranquilliser, arguant que le nouveau gouvernement ne comportait aucun ministre du Fatah ou du Hamas, selon une source informée palestinienne.

M. Kerry s'est inquiété du rôle du Hamas dans un tel gouvernement qui, a-t-il réclamé, doit rejeter la violence, reconnaître l'Etat d'Israël et respecter les engagements signés.

- Attendre et voir -

Côté israélien, le Premier ministre Netanyahu a exhorté les Etats-Unis et l'UE à ne pas "se précipiter" pour reconnaître un gouvernement palestinien soutenu par le Hamas.

A l'issue d'une réunion d'urgence, lundi après-midi, le cabinet de sécurité nationale présidé par M. Netanyahu a confirmé qu'il ne reconnaîtrait pas le nouveau cabinet palestinien et qu'il rompait tout relation avec lui.

Le Premier ministre a réaffirmé qu'il tiendrait désormais le président Abbas pour responsable de toute action "destinée à nuire à la sécurité d'Israël", qu'elle provienne de la bande de Gaza ou de Cisjordanie.

En guise de représailles, le gouvernement de M. Netanyahu pourrait bloquer une partie des taxes qu'il perçoit chaque mois au nom des Palestiniens, au risque d'aggraver la situation financière de l'Autorité palestinienne, selon les médias.

L'annonce palestinienne a déclenché l'ire de l'extrême droite israélienne.

"Le gouvernement terroriste du Hamas n'est pas légitime", a estimé sur sa page Facebook le ministre de l'Économie Naftali Bennett, chef du parti religieux Foyer juif.

Le quotidien Israël Hayom, considéré comme le porte-voix du Premier ministre, a lui appelé à "une réponse intelligente" au nouveau gouvernement palestinien.

"Il faut condamner et attendre".

bur-agr/feb

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