POLITIQUE

La CAQ veut suspendre les bonis dans les sociétés d'État

02/06/2014 05:01 EDT | Actualisé 02/06/2014 05:22 EDT
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QUÉBEC - La Coalition avenir Québec (CAQ) a demandé au gouvernement Couillard de suspendre les bonis aux dirigeants des sociétés d'État en attendant le retour à l'équilibre budgétaire.

La demande a été faite par le député de Johnson, André Lamontagne, en réaction à un article paru sur Le Huffington Post Québec. On y apprenait que onze cadres de la Société des alcools du Québec se sont partagé 412 379$ en bonis pour l'année fiscale 2012-2013.

En chambre, André Lamontagne a rappelé que le gouvernement Charest a suspendu les bonis en 2010 et 2011 afin d'aider à atteindre l'équilibre budgétaire. Le déficit était alors de 2,9 milliards $, contre un déficit appréhendé de plus de 3 milliards $ cette année. «Le ministre ne croit-il pas que la situation d'aujourd'hui commande de suspendre les bonis de tous ces organismes, incluant les sociétés d'État, et ce, jusqu'à l'atteinte de l'équilibre budgétaire?», a plaidé le critique caquiste en matière d'Économie, d'Innovation et d'Exportations.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a répliqué qu'un «effort supplémentaire» sera exigé des sociétés d'État, dont la SAQ, dans son budget qui sera déposé le 3 juin. Le ministre Leitao a toutefois défendu le système de primes au rendement: «[...] c'est un moyen d'incentiver [sic] les employés à être plus productifs et plus efficaces».

Pour sa part, la SAQ justifie ces bonus en rappelant qu'il s'agit d'une pratique courante dans le domaine du commerce de détail. «Les cadres acceptent que leur salaire soit à risque, selon les rendements. C’est aussi une façon d’attirer des personnes compétentes», dit le responsable des relations de presse à la SAQ, Renaud Dugas, dans le texte paru lundi matin. D'ailleurs, la SAQ a réalisé un surplus de 1,03 milliard $ pour la même période.

André Lamontagne précise qu'il n'est pas opposé au système de primes au rendement, mais juge qu'elles devraient être suspendues en prévision des compressions qui seront exigées de l'État québécois. «Ce serait un mauvais message à envoyer au reste de la population, dit-il. C'est une question d'équité envers le reste des citoyens.»

De plus, le député de Johnson rappelle que la SAQ est un monopole. «Parler de performance quand tu es dans un monopole, et parler de performance quand tu as trois compétiteurs, ce n'est pas tout à fait la même chose.»

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