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La Banque du Canada est coincée entre l'optimisme et la dure réalité

02/06/2014 12:44 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Presque tout le monde s'accorde à dire que la Banque du Canada ne bougera pas, mercredi, et qu'elle maintiendra son taux directeur à un pour cent pour la énième fois. La banque centrale fait cependant face à un dilemme.

Les bonnes nouvelles économiques reposent pour la plupart sur un avenir théorique tandis que les mauvaises nouvelles font déjà partie du présent.

Si les choses ne s'améliorent pas sous peu, la banque centrale pourrait envisager de faire ce que peu croyaient possible il y a quelques mois ou même il y a un an, soit réduire les taux d'intérêt, a affirmé lundi David Madini, économiste chez Capital Economics à Toronto.

M. Madini tient à préciser qu'il ne s'agit pas de son scénario de base, mais il ne l'exclut pas.

«S'il doit y avoir une modification des taux d'intérêt, je crois plus probable que ce soit une diminution qu'une augmentation», a-t-il déclaré.

M. Madini, qui a la réputation d'être pessimiste en matière d'économie, ne voit aucune raison de changer d'avis.

«D'où viendra cette croissance si les exportations continuent d'être (faibles), que les investissements des entreprises demeurent prudents et que l'immobilier tire l'économie vers le bas? Voilà pourquoi la Banque du Canada pourrait devoir penser à soutenir un peu l'économie», a affirmé l'économiste.

Ce sombre point de vue n'est certainement pas contredit par des données qui laissent entendre que les terribles conditions météorologiques de cet hiver n'expliquent pas à elles seules les problèmes économiques des États-Unis et du Canada.

La semaine dernière, les États-Unis ont estimé que leur économie avait reculé au cours du premier trimestre, plus de trois ans après le début de la reprise. Certains estiment que l'hiver pourrait avoir retranché environ 1,5 point de pourcentage à la croissance, qui aurait de toute façon terminé le trimestre à peine au-dessus de la barre de zéro.

Au Canada, la croissance du produit intérieur brut a été un plus élevée, à 1,2 pour cent, mais quand même largement inférieure à celle jugée nécessaire par la Banque du Canada.

La croissance de l'emploi ne bouge pas au pays depuis des mois, et lundi, la Banque Royale a indiqué que son indice des directeurs d'achats du secteur manufacturier avait glissé à 52,2 points le mois dernier, en baisse par rapport à la lecture de 52,9 points d'avril et à celle de 53,3 points du mois de mars.

Bien qu'encore supérieure à 50, niveau qui reflète une croissance, la lecture de mai est la plus faible depuis le mois de janvier.

L'indice de la fabrication aux États-Unis a traduit une certaine amélioration, après avoir été annoncé de façon erronée à deux reprises par l'Institute of Supply Management. L'indice de l'emploi a cependant affiché un recul.

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