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France: une ONG alerte sur les bombes et obus enterrés

02/06/2014 04:01 EDT | Actualisé 01/08/2014 05:12 EDT

Bombes, obus, mines: les déchets de guerre découverts chaque année sur le sol français se comptent par milliers, constituant un danger dont le public n'est pas assez conscient et une source de pollution trop négligée, estime l'ONG Robin des Bois dans un rapport publié lundi.

A quelques jours du 70e anniversaire du débarquement des Alliés sur les côtes normandes, l'ONG veut mettre en lumière cet encombrant héritage: "les régions qui ont été des lieux de combat sont encore sinistrées par la guerre", affirme Jacky Bonnemains, président de l'association environnementale.

"Quelque 600.000 tonnes de bombes ont été larguées entre juin 1940 et mai 1945 sur la France et environ 15% n'ont pas explosé ", rappelle-t-il.

Sur la base d'informations des préfectures et des articles de presse, Robin des Bois a établi pour les régions de la façade ouest de la France un "Inventaire des déchets de guerre" mis au jour entre 2008 et 2013: 14.000 munitions dangereuses ont ressurgi dans des champs, des chantiers, des jardins ou sur des plages et ont occasionné 556 interventions de démineurs.

La plupart des interventions ont sans surprise eu lieu en Normandie (221 événements répertoriés) et en Bretagne (175).

Les actions de déminage ont occasionné en six ans l'évacuation de 95.000 personnes de leurs domiciles, lieux de travail ou de loisir.

Et parfois, des comportements très risqués ont suivi la découverte de ces objets potentiellement toujours explosifs.

En 2012, un homme de 70 ans trouve un obus de 70 cm de long et de 20 cm de diamètre en nettoyant un terrain en Dordogne (sud-ouest) et le transporte jusqu'à la gendarmerie, située à 20 km. Les gendarmes préviennent les démineurs... mais demandent au septuagénaire de rapporter l'obus sur son terrain!

"L'information de la population est insuffisante et les comportements à risques se multiplient", estime Charlotte Nithart, directrice de Robin des Bois, en rappelant les consignes: "ne pas toucher, encore moins transporter, et prévenir les autorités".

Au delà du risque d'explosions, la présence de dizaines de milliers de tonnes de métaux mélangés à des substances toxiques représente un danger potentiel de pollution ."Il y a des risques de contamination des eaux souterraines, là où il y a une forte densité de bombes", prévient Jacky Bonnemains.

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