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Afghanistan: les talibans menacent le second tour de la présidentielle

02/06/2014 05:04 EDT | Actualisé 01/08/2014 05:12 EDT

Les insurgés talibans ont menacé lundi de lancer des attaques pour perturber le second tour de l'élection présidentielle en Afghanistan, le 14 juin, prévenant les électeurs qu'ils se rendront aux urnes à leurs risques et périls.

"Les combattants de l'Émirat islamique (nom utilisé par les talibans lorsqu'ils étaient au pouvoir, NDLR) sont une nouvelle fois prêts à entrer en action contre le personnel électoral et les bureaux de vote", déclarent les rebelles islamistes dans un communiqué publié sur leur site internet.

"Dans ces conditions", ajoutent-ils en s'adressant aux électeurs, "vous auriez tout intérêt à rester à l'écart des bureaux de vote ce 14 juin 2014, si vous ne voulez pas être tués ou blessés".

Les talibans avaient déjà formulé des menaces similaires avant le premier tour, le 5 avril, sans parvenir, malgré de nombreuses attaques, à empêcher une participation importante.

Animés par un sentiment de revanche, les rebelles islamistes pourraient redoubler d'efforts pour faire dérailler cette élection, selon des observateurs, d'autant que le second tour aura lieu en pleine saison des combats.

"Les ennemis de l'Afghanistan ont augmenté leurs attaques ces derniers temps, parce que le second tour arrive et qu'il veulent faire dérailler le processus électoral (...) mais ils échoueront", avait déclaré samedi le ministre afghan de la Défense, Bismillah Mohammadi.

Cette élection désignera le successeur de Hamid Karzaï, seul homme à avoir dirigé l'Afghanistan depuis la chute des talibans en 2001, et qui ne pouvait constitutionnellement briguer un troisième mandat.

Le deuxième tour opposera deux anciens ministres de M. Karzaï: Abdullah Abdullah, arrivé largement en tête du premier tour avec 45% des voix, et Ashraf Ghani (31,6%).

Pour les talibans, les deux candidats en lice dans cette "élection fantoche sont des partisans de l'occupation américaine" et "l'un ou l'autre tentera inévitablement de faire de son mieux pour mettre en oeuvre un programme écrit à l'avance par les Américains".

Ces menaces sont proférées 48 heures après la libération par les rebelles du sergent américain Bowe Bergdahl, qu'ils détenaient depuis 2009, en échange de cinq anciens cadres du régime taliban emprisonnés sur la base américaine de Guantanamo.

Si cette affaire a fait naître l'espoir d'un renouveau dans le processus de paix en Afghanistan, actuellement au point mort, les talibans ont insisté sur le fait qu'il ne s'agissait que d'un "échange de prisonniers de guerre" sans portée politique.

Ce scrutin, première passation de pouvoir d'un président afghan démocratiquement élu à un autre, est considérée comme un test majeur pour ce pays pauvre, en partie contrôlé par les talibans, et qui plongera dans l'inconnu après le retrait des 51.000 soldats de l'Otan d'ici à la fin de l'année.

Le président Barack Obama a néanmoins proposé de maintenir 9.800 soldats américains en Afghanistan après 2014, mais la mise en oeuvre de ce plan dépendra de la signature par le futur président afghan d'un traité de sécurité.

eg/jh

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