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Abdication surprise du roi d'Espagne Juan Carlos, après 38 ans de règne

02/06/2014 05:52 EDT | Actualisé 02/06/2014 06:10 EDT
ASSOCIATED PRESS
Spain's King Juan Carlos checks his watch while waiting for the arrival of Panamanian President Ricardo Martinelli at the Zarzuela Palace in Madrid, Spain, Wednesday, May 28, 2014. Martinelli is on an official visit to Spain. (AP Photo/Paul White)

Le roi d'Espagne Juan Carlos, affaibli par de multiples ennuis de santé et à la popularité ternie par les scandales, va abdiquer au profit de son fils, le prince Felipe, a annoncé lundi le chef du gouvernement Mariano Rajoy, prenant le pays par surprise.

Le prince des Asturies, âgé de 46 ans, doit devenir le prochain roi d'Espagne sous le nom de Felipe VI.

Juan Carlos, monté sur le trône à la mort du dictateur Francisco Franco en novembre 1975, a construit sa popularité en menant la transition de l'Espagne vers la démocratie, avant de connaître une fin de règne marquée par les problèmes de santé et les scandales.

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"Le roi m'est apparu comme convaincu de ce que celui-ci était le meilleur moment pour que puisse se produire en toute normalité le changement à la tête de l'Etat et la transmission de la couronne au prince des Asturies", a déclaré Mariano Rajoy lors d'une déclaration institutionnelle exceptionnelle convoquée en urgence.

Le roi âgé de 76 ans veut s'adresser "personnellement aux Espagnols au cours de la matinée", a ajouté Mariano Rajoy.

Le chef du gouvernement espagnol a convoqué "un conseil des ministres extraordinaire" mardi. Pour ce processus d'abdication, il sera "nécessaire d'approuver une loi organique", a-t-il rappelé.

"J'espère que dans un délai de temps très court, la Chambre des députés espagnole pourra approuver la nomination comme roi" du prince Felipe, a ajouté Mariano Rajoy.

Le prince, aux côtés de la future reine, la princesse Letizia, occupait depuis plusieurs années une place croissante et a échappé jusqu'à présent à la chute de popularité qui frappe la monarchie espagnole.

Le roi Juan Carlos "fut le plus grand promoteur de notre démocratie". Il est le "meilleur symbole de notre vie ensemble en paix et en liberté", a ajouté Mariano Rajoy.

- Symbole de démocratie -

Le 23 février 1981, le jeune roi en uniforme militaire ordonnait, dans un message télévisé resté gravé dans les mémoires, aux officiers putschistes de la Garde civile qui occupaient alors le Parlement de rentrer dans leurs casernes.

En déjouant cette tentative de coup d'Etat menée par le lieutenant-colonel Antonio Tejero, celui que le dictateur Francisco Franco avait, dès 1969, désigné comme son dauphin, s'imposait ce jour-là, avec éclat, comme le héros de la transition démocratique.

Couronné le 22 novembre 1975, à 37 ans, deux jours après la mort de Franco, Juan Carlos aura accompagné le destin d'une Espagne sortie de la dictature pour rejoindre le cercle des grandes démocraties européennes.

Pendant des années, les manières simples et naturelles de ce chef d'Etat réputé proche de son peuple, menant discrètement sa vie privée, passionné de sport, notamment de voile et de ski, lui ont valu l'affection des Espagnols.

Grande figure de la démocratie espagnole, le roi Juan Carlos avait pourtant vu sa popularité sombrer sous les scandales qui ont entaché ses dernières années de règne.

D'abord le scandale judiciaire qui frappe sa fille cadette, Cristina, 48 ans, mise en examen pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, et son époux, Iñaki Urdangarin, soupçonné de corruption.

La luxueuse partie de chasse à l'éléphant du printemps 2012 au Botswana, qui serait restée secrète si le roi n'avait pas été rapatrié d'urgence après une chute, avait choqué les Espagnols plongés dans la crise.

Le tout se cumulant aux multiples ennuis de santé de Juan Carlos, qui a subi plusieurs opérations ces dernières années.

Apparu amaigri, chancelant sur ses béquilles, en début d'année, il affichait une meilleure santé ces dernières semaines et avait repris son agenda officiel.

Décrit comme "un ambassadeur de luxe pour l'Espagne" grâce à un épais agenda et de bonnes relations avec de nombreux dirigeants internationaux, le roi s'était rendu à la mi-mai en Arabie saoudite pour y rencontrer des responsables saoudiens dans le but de favoriser les relations commerciales entre les deux pays.

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