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Salvador: un ex-guérilléro devient président du pays d'Amérique Centrale

01/06/2014 07:04 EDT | Actualisé 01/08/2014 05:12 EDT

SAN SALVADOR, El Salvador - Le professeur d'école rurale devenu commandant rebelle Salvador Sanchez Ceren a été assermenté à la présidence du Salvador, dimanche, devenant le premier ex-guérilléro à diriger le pays d'Amérique Centrale.

Le politicien de 69 ans a entamé son mandat de cinq ans en promettant «honneur, austérité, efficacité et transparence» lors de la cérémonie d'inauguration à laquelle ont participé 13 chefs d'État ou de gouvernement.

Le Front national de libération Farabundo Marti de M. Ceren a affronté des gouvernements soutenus par les États-Unis pendant 12 ans, lors d'un conflit ayant fait 76 000 morts. Le Front est devenu un parti politique après des accords de paix, en 1992.

M. Ceren a fait allusion à cette lutte dimanche, affirmant que son gouvernement n'était rendu possible que «par le travail de héros et martyrs... des visionnaires qui ont donné leur vie et rêvé d'un pays démocratique».

Le Front a d'abord remporté la présidence en 2009 avec le dirigeant sortant Mauricio Funes, un ancien journaliste n'ayant pas combattu et qui a largement gouverné au centre.

Le nouveau chef d'État a promis de se concentrer sur l'un des plus grands défis du pays: la violence des gangs qui a fait du Salvador l'un des pays les plus dangereux du monde. Il a d'ailleurs annoncé qu'il dirigerait personnellement les services de sécurité publique.

Pour favoriser le développement, M. Ceren a dit participer à des discussions pour faire entrer le Salvador au sein du programme Petrocaribe, en vertu duquel le Venezuela fournit du pétrole subventionné aux pays de la région. Le nouveau président dit cependant vouloir gouverner moins comme les leaders socialistes du Venezuela, et davantage comme Jose Mujica, de l'Uruguay, lui aussi ex-guérilléro qui donne la majeure partie de son salaire, conduit une Volkswagen vieille de 41 ans et ne porte jamais de cravate.

M. Ceren a remporté une courte victoire, le 9 mars, contre Norman Quijano, de l'Alliance républicaine nationale, qui a gouverné le pays pendant la majeure partie des deux dernières décennies.

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