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Kaboul dénonce des attaques transfrontalières des forces pakistanaises

01/06/2014 12:48 EDT | Actualisé 01/08/2014 05:12 EDT

Les autorités afghanes ont dénoncé dimanche des attaques transfrontalières de l'armée pakistanaise destinées à perturber le second tour de l'élection présidentielle en Afghanistan et annoncé en représailles qu'elles ne participeraient pas une réunion de sécurité prévue mercredi à Islamabad.

Le Conseil de sécurité nationale (NSC) afghan, une instance présidée par le chef de l'Etat Hamid Karzaï qui s'est réunie dimanche à Kaboul, condamne "l'augmentation de ce type d'attaques" qui ne visent qu'à "perturber le second tour" du 14 juin, indique la présidence afghane dans un communiqué.

Selon le porte-parole du ministère afghan de la Défense, Mohammad Zahir Azimi, "des hélicoptères pakistanais" ont franchi la frontière pour survoler la province de Kunar, dans l'est de l'Afghanistan.

Des responsables locaux ont affirmé que des tirs de roquettes provenant du Pakistan avaient fait six morts et une quarantaine de blessés ces derniers jours, des informations qu'il n'était toutefois pas possible de vérifier de manière indépendante.

En conséquence, le NSC "a donné instruction au ministre des Affaires étrangères de faire part des graves préoccupations du gouvernement afghan aux autorités pakistanaises", selon le communiqué de la présidence.

A titre de représailles, les autorités afghanes ont également décidé d'annuler leur participation à une réunion sur la sécurité prévue cette semaine dans la capitale pakistanaise.

Le NSC affirme enfin que l'absence de réaction américaine suite aux incursions pakistanaises sur son sol constitue une "violation du partenariat stratégique (...) signé entre les deux pays". Le Conseil de sécurité nationale précise que ces griefs seront présentés aux États-Unis, principal soutien financier et militaire de l'Afghanistan.

La Pakistan est depuis longtemps accusé d'ingérence chez son voisin afghan, au nom d'une politique de "profondeur stratégique" visant notamment à y contrer l'influence de l'Inde, son éternel rival.

Dans les années 1990, Islamabad a ainsi veillé à l'éclosion des islamistes talibans afghans, et fut l'un des seuls pays à reconnaître leur régime (1996-2001).

eg-mam/cgu

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