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Bowe Bergdahl libre, les soldats américains de Bagram exultent

01/06/2014 08:21 EDT | Actualisé 01/08/2014 05:12 EDT

Le sergent Bowe Bergdahl, libre après cinq ans passés dans les geôles talibanes : sur la base de Bagram, au nord de Kaboul, les Américains fêtaient dimanche son retour, tout en regrettant, parfois, qu'il soit intervenu au prix d'un échange avec des détenus de Guantanamo.

Depuis le 30 juin 2009, date de sa disparition d'une base de la province de Paktika (sud-est), ils n'avaient de nouvelles de Bowe Bergdahl que par les rares vidéos diffusées par les rebelles islamistes.

Dans l'une d'elles, le jeune homme, seul prisonnier américain en Afghanistan, joignait les mains en suppliant : "laissez-moi partir, faites-moi libérer. Cette guerre ne vaut pas les vies perdues par l'Afghanistan et les États-Unis".

Et pour rappeler, quotidiennement, aux troupes américaines présentes sur le sol afghan que l'un des leurs était détenu par les insurgés, un écran de veille affichant une photo du sergent avait été installé sur les ordinateurs.

"Je n'arrêtais pas de me demander ce qu'il advenait de lui", confie Gloria Goomtam, une militaire de 37 ans. "Je suis tellement heureuse maintenant".

Point de longue traque ni de raid des forces spéciales américaines pour libérer Bowe Bergdahl : le soldat a été relâché samedi à l'issue d'un échange contre cinq anciens cadres du régime des talibans (1996 - 2001), considérés comme toujours influents au sein de la rébellion.

Les conditions de cette libération suscitaient d'ailleurs des réactions mitigées au sein de la classe politique américaine, certains parlementaires accusant même le président Barack Obama d'avoir cédé aux "terroristes".

"Pour qu'il soit relâché après toutes ces années, il fallait bien donner quelque chose en retour", estime un soldat à l'entrée de la base, sous le couvert de l'anonymat.

- "J'aurais fait n'importe quoi" pour Bergdahl -

Mais pour Gloria Goomtam, cela en valait la peine.

"C'est mieux qu'il soit de retour, nous avons besoin de lui", dit-elle. "Je me suis mis à sa place, je me suis dit que cela aurait pu m'arriver".

Certains des soldats de Bagram, un complexe militaire géant près de la capitale afghane, ont découvert dimanche matin avec stupéfaction que le sergent Bergdahl se trouvait au sein même de la base, à quelques pas d'eux, pour y recevoir des soins.

Le sergent Robert Mashburn, 28 ans, a appris la nouvelle dans une conversation sur Skype avec son épouse.

"Ma femme m'a dit qu'un soldat avait été libéré. J'ai compris tout de suite de qui il s'agissait", raconte ce soldat qui révèle avoir lui-aussi des sentiments partagés sur l'échange à l'origine de la libération de Bowe Bergdahl.

"J'aurais préféré qu'on ne les laisse pas partir", lâche-t-il à propos des cinq talibans libérés. "Mais en même temps, j'aurais fait n'importe quoi pour ce soldat. J'ai une petite fille d'un an. Je ne peux pas imaginer ce qu'a dû traverser la famille" du sergent Bergdahl.

Bowe Bergdahl libre, c'est aussi pour les militaires le signe que leur pays n'a pas baissé les bras, un encouragement pour les soldats américains en Afghanistan, dont 9.800 pourraient rester dans ce pays après le départ des forces de l'Otan, à la fin 2014, si Kaboul et Washington signent un Traité bilatéral de sécurité (BSA).

"Peu importe l'opinion qu'on peut avoir sur l'opportunité de notre présence ici (en Afghanistan), il y avait un Américain, emprisonné, et il était de notre devoir de le ramener", souligne le sergent Mashburn.

"Quelqu'un a oeuvré à sa libération. Je lui en suis infiniment reconnaissant".

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