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Astérix: la justice examine mardi la plainte d'Albert Uderzo contre sa fille

01/06/2014 05:09 EDT | Actualisé 31/07/2014 05:12 EDT

La justice française examine mardi la plainte déposée par le dessinateur d'Astérix, Albert Uderzo, contre sa fille et son gendre pour "violences psychologiques", nouvel épisode dans le conflit familial à propos d'un empire financier de dizaines de millions d'euros.

Albert Uderzo, 87 ans, devrait assister à l'audience devant la XVIIIe chambre du tribunal correctionnel de Nanterre, en banlieue de Paris, selon son entourage. Sylvie Uderzo, fille unique du dessinateur, et son époux Bernard de Choisy seront également présents.

Les débats s'annoncent tendus. "Le face-à-face va être intéressant. Cela fait longtemps qu'Albert et Sylvie ne correspondent plus que par avocats interposés", dit une source proche du dossier.

Le père du célèbre Gaulois et son épouse Ada avaient annoncé fin 2013 qu'ils portaient plainte pour "violences psychologiques". Ils reprochent à leur fille et à son mari d'intenter une multitude de "procédures judiciaires qui ne reposent sur aucun fondement".

Ces actes "ont pour unique objet de porter atteinte à notre intégrité psychologique et de hâter notre affaiblissement", avait ajouté le dessinateur, les accusant de vouloir "mettre la main" sur la très rentable saga Astérix.

Nicolas Huc-Morel, avocat de Sylvie Uderzo, se dit "parfaitement serein". "Toutes les procédures engagées par ma cliente ont été exclusivement destinées à protéger ses parents", affirme-t-il.

La discorde éclate en 2007 lorsque Sylvie et son époux sont remerciés par les éditions Albert René, chargées des albums d'Astérix conçus après le décès de René Goscinny en 1977. L'année suivante, la société est cédée à Hachette Livre, mais la fille s'oppose à la transaction, ne comprenant pas que son père autorise l'éditeur du groupe Lagardère à poursuivre les aventures du Gaulois après sa mort.

- Abus de faiblesse -

En 2011, elle cède finalement ses parts à Hachette pour environ 13 millions d'euros, d'après des sources concordantes. Mais, la hache de guerre est loin d'être enterrée. Elle dépose plainte quelques mois plus tard pour "abus de faiblesse", estimant qu'"un entourage toxique" , "des corbeaux", gravitent autour d'Albert Uderzo pour tenter d'accaparer sa fortune.

"Elle essaye de surfer sur la vague Bettencourt", estime une source proche du dossier. Un hôtel particulier à Neuilly appartenant au dessinateur, une "marque" connue du monde entier, des millions d'euros en jeu: l'affaire présente au premier abord de nombreuses similitudes avec celle de l'héritière milliardaire de L'Oréal.

Mais si cette dernière, Liliane Bettencourt, a été placée sous tutelle par la justice, une ordonnance de non-lieu a été rendue en décembre dans le dossier "abus de faiblesse" concernant Albert Uderzo. Les juges d'instruction ont mis en avant "l'énergie étonnante", "la grande vivacité intellectuelle" et "la mémoire intacte" du dessinateur.

Sylvie Uderzo a immédiatement fait appel. "On a le droit d'être manipulé et d'être manipulable par des hommes en costume-cravate" même si l'on est pas sénile, estimait-elle. L'appel sera examiné vendredi, cette fois à Versailles.

"Nous allons demander un supplément d'information dans ce volet de l'affaire. On sait aujourd'hui que l'expert comptable d'Albert Uderzo a menti", dit Me Huc-Morel. Sylvie a déposé plainte en septembre pour "faux témoignage" contre cet homme, énième rebondissement de cette saga judiciaire.

L'enjeu est de taille car le petit Gaulois est assis sur un tas d'or. Astérix est la BD française la plus vendue (plus de 352 millions d'albums) et la plus traduite (111 langues et dialectes) au monde.

Le dernier album, le premier sans Uderzo, est sorti le 24 octobre dans 15 pays et 23 langues. En deux mois, il s'est hissé en tête des meilleures ventes de livres en 2013.

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