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Afrique du Sud: la "maladie d'Oscar" Pistorius, l'anxiété généralisée, inquiète

01/06/2014 06:09 EDT | Actualisé 01/08/2014 05:12 EDT

Le diagnostic d'une psychiatre ayant établi qu'Oscar Pistorius, accusé d'avoir assassiné sa petite amie en 2013, souffre d'anxiété généralisée a provoqué un vent de panique en Afrique du Sud parmi les personnes atteintes de cette affection, rapporte le Sunday Times.

La directrice du Groupe sud-africain pour la dépression et l'anxiété, Cassey Chambers, a indiqué au journal avoir reçu "des centaines d'appels" de personnes souffrant de trouble anxieux généralisé (TAG) ou croyant être atteintes de "la maladie d'Oscar".

Ils s'inquiètent de ce que cette maladie pourrait provoquer un comportement "imprévisible, instable et violent", a-t-elle relevé. "Nous avons eu des gens demandant si leurs proches souffrant de TAG devaient être hospitalisés immédiatement!"

"Beaucoup de gens ont peur de dire aux autres qu'ils sont atteints de TAG, au cas où les gens penseraient qu'ils sont dangereux et violents."

Pourtant, estime le psychologue Kevin Bolon, "l'anxiété est un problème d'introspection et les gens souffrant de TAG ont très peu de chances d'être dangereux pour les autres".

Citée par la défense, la psychiatre Merryll Vorster --qui a vu Oscar Pistorius deux fois-- a estimé que le champion paralympique sud-africain souffrait de trouble anxieux généralisé, une affection qui se caractérise par un état d'inquiétude permanent et excessif.

La juge Thokozile Masipa a en conséquence ordonné qu'il soit soumis à une batterie de tests, afin de "vérifier si l'accusé, pour des raisons de santé ou d'infirmité mentale, était pénalement responsable au moment du crime pour lequel il est poursuivi, et s'il était capable d'apprécier la nature illicite de son acte".

Laissé en liberté sous caution jusqu'au jugement, Oscar Pistorius a échappé à l'internement. Il a entamé ces examens lundi 26 mai dans un hôpital psychiatrique de Pretoria, où il doit se rendre pendant un mois aux heures de bureau.

Passible de la prison à vie, soit vingt-cinq ans de réclusion incompressible, le sportif plaide non coupable du meurtre de Reeva Steenkamp, le 14 février 2013.

Il ne nie pas avoir tué la jeune femme, mais affirme avoir cédé à la panique, après avoir entendu un bruit suspect et cru à un cambriolage. Il a fait feu en direction de la porte des toilettes d'où venait le bruit, sans savoir, dit-il, que Reeva s'y trouvait.

Le procureur Gerrie Nel reste persuadé que Pistorius l'a abattue sciemment à la suite d'une de leurs nombreuses disputes, et qu'elle s'était réfugiée aux toilettes pour fuir sa colère.

Le procès doit reprendre le 30 juin.

liu/aub

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