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Mali: l'ex-ministre de la Défense demande une enquête sur la défaite de l'armée à Kidal

31/05/2014 01:25 EDT | Actualisé 31/07/2014 05:12 EDT

L'ex-ministre malien de la Défense, Soumeylou Boubeye Maïga, démissionnaire après la défaite de l'armée malienne le 21 mai face à des groupes rebelles à Kidal (nord-est), berceau des rébellions touareg, a demandé samedi une commission d'enquête parlementaire sur ces évènements.

"Puisque nous avons des députés à l'Assemblée nationale, dès lundi, ils vont saisir les collègues de tous les groupes parlementaires pour mettre en place une commission d'enquête parlementaire au sujet des événements de Kidal", a déclaré l'ex-ministre dans sa première déclaration publique depuis sa démission, le 27 mai, lors d'une réunion de son parti, l'Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP), qui soutient la majorité présidentielle

En examinant "toutes les communications, tous les SMS échangés entre les gens (militaires sur le terrain et officiels maliens), on verra bien qui a échangé avec qui, qui a dit quoi, qui a été le dernier à leur parler, qui a continué à leur parler", a dit M. Maïga.

Interrogé par l'AFP s'il accusait le Premier ministre malien Moussa Mara d'avoir donné l'ordre d'attaquer les groupes rebelles, M. Maïga a répondu: "il appartient à la commission d'enquête parlementaire de répondre à cette question".

Soumeylou Boubèye Maïga est une figure de la vie politique du Mali, où il a été chef des services de renseignements, ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense au cours des 20 dernières années.

Il avait démissionné le 27 mai après la lourde défaite de l'armée malienne face à des groupes armés rebelles, dont le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg), à Kidal.

Il a été remplacé par un officier à la retraite, Bah N'Daw, un ancien chef d'état-major de l'aviation et ex-chef d'état-major adjoint de la Garde nationale.

Avant l'offensive ratée sur Kidal, de premiers affrontements avaient opposé le 17 mai les militaires et ces mêmes groupes armés, lors d'une visite dans la ville du Premier ministre malien Moussa Mara.

Soumeylou Boubèye Maïga avait indiqué le 25 mai que les forces maliennes avaient enregistré "une cinquantaine de morts" et "48 blessés" lors de ces combats.

Le MNLA avait indiqué la semaine dernière que 40 soldats maliens avaient été tués, 50 blessés et 70 faits prisonniers depuis le début des hostilités le 17 mai.

Le gouvernement malien et les groupes armés du Nord ont signé un accord de cessez-le-feu le 23 mai.

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