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La Russie veut que l'OSCE poursuive sa mission d'observation en Ukraine

31/05/2014 08:48 EDT | Actualisé 31/07/2014 05:12 EDT
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KIEV, Ukraine - Les manifestants occupant la principale avenue du centre-ville de Kiev ont mis le feu à des pneus, samedi, afin de protester contre la décision du gouvernement ukrainien de démanteler le campement qu'ils ont érigé il y a six mois. Quelques centaines de mètres plus loin, des travailleurs s'affairaient à ramasser les débris laissés par la destruction de barricades.

Ces deux scènes mettent en lumière l'un des nombreux défis que l'Ukraine devra relever. Même après l'élection du 25 mai, qui a permis le choix d'un remplaçant au président intérimaire ayant pris le pouvoir en février, plusieurs Ukrainiens demeurent sceptiques par rapport au gouvernement et des centaines d'entre eux sont toujours installés dans le camp de protestation.

Les trois mois de manifestations de cet hiver ont fini par pousser l'ancien président prorusse Viktor Ianoukovitch à fuir le pays. Mais le campement, et les barricades de bois de palette, de pneus et d'ordures qui le protègent, sont restés en place, même après la nomination du président par intérim Olexandre Tourchinov.

Les manifestants disent vouloir maintenir le camp jusqu'à ce que le nouveau président Petro Porochenko ait mis en place certaines réformes dans un pays depuis longtemps miné par la corruption.

Dans l'est de l'Ukraine, où les séparatistes ont déclaré l'indépendance de deux provinces et se battent contre les forces gouvernementales, plusieurs sont très méfiants à l'égard des contestataires de Kiev et du nouveau gouvernement à qui ils ont confié le pouvoir.

Le conflit entre les militants prorusses et les soldats ukrainiens dans l'est du pays s'est aggravé au cours de la dernière semaine, les rebelles ayant tenté de s'emparer de l'aéroport de Donetsk lundi et abattu un hélicoptère militaire jeudi. Ce dernier incident a fait 12 morts, dont un général.

Samedi, le ministère des Affaires étrangères de la Russie a critiqué une déclaration d'un représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a laissé entendre que l'organisme pourrait renoncer à sa mission d'observation en Ukraine en raison des risques encourus par ses envoyés sur le terrain.

L'OSCE a annoncé avoir perdu contact, jeudi, avec une équipe d'observateurs dans l'est de l'Ukraine. Un autre groupe est aussi détenu par des rebelles depuis lundi.

Wolfgang Ischinger, le négociateur de l'OSCE en Ukraine, a déclaré sur les ondes du diffuseur allemand ZDF cette semaine que l'organisme pourrait bien mettre fin à ses activités en sol ukrainien afin de protéger ses employés.

Le ministère russe des Affaires étrangères a toutefois affirmé dans un communiqué publié samedi qu'il était essentiel de renforcer la mission des observateurs internationaux en Ukraine en raison de l'opération punitive menée par Kiev dans l'est du pays.

Les affrontements se sont poursuivis, samedi, dans l'est de l'Ukraine, entre les troupes ukrainiennes et les insurgés prorusses qui ont saisi des édifices gouvernementaux et des postes de police à travers la région et veulent se joindre à la Russie.

À un point de contrôle établi par l'armée à Slaviansk, l'épicentre de l'insurrection, les soldats ont été la cible de coups de feu de la part des rebelles, mais ont réussi à repousser l'attaque. Aucun mort ou blessé n'a été rapporté.

Il s'agit de la plus récente tentative de la part des insurgés pour forcer les points de contrôle installés par les troupes autour de la ville.

Vladislav Seleznev, le secrétaire de presse de l'opération antiterroriste de Kiev dans l'est du pays, a annoncé, samedi, que l'armée avait détruit un canon utilisé par les insurgés à Slaviansk pour bombarder des bâtiments civils.

Alors que la violence est en hausse dans la région, les deux camps s'accusent mutuellement d'être responsable du nombre grandissant de victimes au sein de la population civile.

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