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La Grèce mise sur le tourisme pour retrouver sa crédibilité économique

31/05/2014 07:31 EDT | Actualisé 31/07/2014 05:12 EDT

La Grèce s'apprête à battre un nouveau record du tourisme cette année avec l'arrivée de plus de 21 millions de visiteurs, espérant ainsi rehausser sa crédibilité économique après six ans de récession.

En 2013, le pays avait déjà enregistré un record avec environ 20 millions de visiteurs, soit le double de la population du pays, un an après une saison très mitigée : les grèves et les manifestations de 2012, dont les images avaient fait le tour de monde, avaient dissuadé les touristes.

Le secteur compte pour plus de 15% du PIB national.

"Grâce au retour à la stabilité politique, la publicité négative des années précédentes s'est transformée en publicité positive", explique à l'AFP Andréas Andreadis, président de l'association des entreprises de tourisme (SETE).

"C'est comme un ressort, quand on le relâche, il se détend d'un coup", souligne-t-il.

Le pays semble en effet sortir du pire de la crise, deux ans après l'arrivée au pouvoir du gouvernement de coalition droite-socialistes du conservateur Antonis Samaras.

Le gouvernement a suivi la politique d'austérité et le train de réformes imposés par la troïka des créanciers du pays (UE-BCE-FMI), obtenant finalement en 2013 un excédent budgétaire, une fois ôtées les -- énormes -- dépenses liées aux intérêts de la dette et à la recapitalisation des banques.

Un assainissement sous-jacent qui est en train de redonner de la crédibilité économique au pays, première victime de la crise de la dette dans la zone euro en 2010.

Les Grecs de leur côté misent de plus en plus sur les revenus du tourisme, un des principaux moteurs de l'économie avec la marine marchande, pour compenser la baisse drastique de leurs salaires et retraites, et la hausse incessante des impôts depuis l'éclosion de la crise.

L'austérité a entraîné la Grèce dans une récession profonde (le PIB a perdu un quart de sa valeur depuis 2008) et à une explosion du chômage, à 26% actuellement, le plus élevé de la zone euro.

"Un million d'arrivées supplémentaires, c'est 50.000 emplois en plus", a récemment relevé le ministre de la Culture Panos Panayotopoulos.

- Les réservations de vol en hausse de 25% -

Cette année, déjà quatre millions de vols supplémentaires ont été enregistrés, une hausse de 25% par rapport à l'année dernière, en provenance notamment de Russie, d'Allemagne, du Royaume-Uni et d'Italie.

La reprise tient également à une réduction de 10 points de la TVA dans les services de restauration, mise en application depuis décembre dernier.

"2013 était déjà une année record. Mais tout montre que 2014 va battre ce record", avait avancé M. Samaras le mois dernier.

La prolongation des horaires d'ouverture de 33 musées et sites archéologiques a déjà montré son efficacité depuis Pâques, s'est prévalu cette semaine M. Panayotopoulos.

"Les données montrent une hausse des recettes", a aussi indiqué le ministre en soulignant que le nombre de visiteurs a doublé en avril sur les sites des îles grecques les plus célèbres, celui d'Akrotiri sur Santorin ou le musée archéologique d'Héraklion en Crète (sud).

Olympie dans le Péloponnèse (sud), berceau des jeux Olympiques, et Mycènes, haut site de l'âge de bronze, ont bénéficié d'une augmentation de 40% de la fréquentation, selon le ministère.

Le trafic aux principaux aéroports du pays est attendu en hausse, surtout sur les iles de Mykonos, Skiathos ou Samos en mer Egée (est), et de Céphalonie en mer Ionienne (ouest). Avec un record de +122% à Kalamata liée à l'ouverture de nouvelles lignes de la géante irlandaise du low cost Ryanair vers cette ville balnéaire du sud du Péloponnèse.

Toutefois, le pays arrive toujours derrière ses voisins en termes de dépenses des touristes, qui s'élèvent à 146 euros par jour contre 162 euros en Turquie et 200 en Italie, selon des données publiées par le gouvernement.

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