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Pas d'élections avant un an, prévient le chef de la junte thaïlandais

30/05/2014 07:43 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

BANGKOK - Les prochaines élections en Thaïlande pourraient n'avoir lieu que dans un an, a prévenu vendredi le chef de la junte militaire qui a pris le pouvoir la semaine dernière, le temps de rétablir la loi et l'ordre.

Le général Prayuth Chan-ocha a dévoilé quelques détails des projets de la junte à l'occasion de son premiers discours à l'intention du public depuis le coup d'État du 22 mai.

Le général Prayuth a de nouveau déclaré que toute manifestation et toute résistance à la prise de pouvoir par l'armée ne feront que retarder le retour du «bonheur» du peuple thaïlandais.

Il a déclaré qu'il faudra deux ou trois mois pour réconcilier un pays profondément divisé, et qu'il faudra ensuite une autre année pour rédiger une nouvelle Constitution et mettre sur pied un gouvernement intérimaire. C'est seulement à ce moment que des élections pourraient avoir lieu, a-t-il dit.

«Donnez-nous le temps de régler les problèmes pour vous. Ensuite les soldats se retireront et observeront la Thaïlande de loin», a lancé le militaire.

Le général Prayuth a aussi révélé que l'armée entend gouverner le pays en mettant l'emphase sur la transparence et la stabilité financière.

Par ailleurs, un militant thaïlandais opposé au coup d'État a appelé vendredi à la tenue, cette fin de semaine, d'une importante démonstration pour défier l'interdiction qui pèse sur tout rassemblement politique.

Sombat Boonngam-anong, un leader du mouvement des «Chemises rouges» favorable au gouvernement déchu, a demandé aux manifestants de se masquer et d'être prêts à être pourchassés par les militaires dans les rues de la capitale.

L'armée a rapidement répété qu'elle ne tolérera aucune manifestation contre le coup d'État, et l'appel lancé par M. Sombat soulève des craintes d'affrontements musclés.

«Les autorités adopteront des mesures judiciaires contre ceux qui sortent manifester, a prévenu le porte-parole de l'armée, le colonel Winthai Suvaree. Nous ne pouvons tolérer une telle situation.»

Les militaires avaient d'ailleurs scellé vendredi, pour une deuxième journée de suite, une importante intersection de Bangkok pour empêcher les manifestants de se rassembler autour du Monument de la Victoire.

M. Sombat, un militant de longue date, fait partie des quelque 250 personnes convoquées par l'armée au lendemain du coup d'État. Il a toutefois refusé de se livrer aux autorités et continue à narguer les militaires sur Facebook. Il a demandé à 10 000 personnes de venir participer à un «bal masqué pour célébrer le coup d'État».

Les militants ont commencé à porter des masques à l'effigie de certains dirigeants, dont le général Prayuth.

«L'agressivité n'est pas nécessaire pour s'opposer au coup. Souriez et restez calmes, a dit M. Sombat. Les masques que vous porterez seront suffisants (...) pour ridiculiser les dictateurs militaires. Le but est de dire au monde ce que vous pensez du coup.»

Il a demandé aux manifestants de se rassembler dans un restaurant McDonald's du centre-ville de Bangkok. Anticipant que l'armée puisse boucler le secteur, il a suggéré aux manifestants d'aller «jouer ailleurs» et énuméré différents quartiers de la capitale où ils pourraient se rencontrer.

Un restaurant McDonald's de Bangkok sert de point de rassemblement aux manifestants en raison de son emplacement central. Certains militants utilisent le fameux «M» de la chaîne pour remplacer le «m» de «démocratie» sur leurs affiches.

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