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Le FMI verse 3,4 milliards d'euros à la Grèce avec un an de retard

30/05/2014 12:31 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

Le Fonds monétaire international (FMI) a débloqué vendredi 3,4 milliards d'euros de prêts à la Grèce avec un an de retard sur le calendrier prévu par le plan de sauvetage financier accordé au pays en 2012.

Le feu vert du conseil d'administration du FMI, qui représente ses 188 Etats-membres, avait été retardé par de difficiles tractations entre Athènes et la troïka de ses créanciers, qui comprend également la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne.

"Les autorités grecques ont fait des progrès considérables en termes de consolidation de la situation budgétaire et du rééquilibrage de leur économie", a commenté un des directeurs adjoints du FMI, Naoyuki Shinohara, cité dans un communiqué.

En théorie, les prêts trimestriels du Fonds à la Grèce s'élèvent à 1,7 milliard d'euros mais le montant a été doublé en raison de ce retard lié aux mesures d'austérité réclamées par la troïka, a récemment expliqué un porte-parole du FMI.

Ce nouveau versement porte à 11,6 milliards d'euros le montant versé par le FMI à Athènes dans le cadre du plan de sauvetage international de 173 milliards d'euros accordé au pays au printemps 2012 en échange d'un plan d'économies drastiques.

Lessivée par la crise et placée sous assistance financière depuis 2010, la Grèce a réussi en avril son retour sur le marché de la dette à moyen terme, témoignant d'un relatif regain de confiance des investisseurs.

Le pays a par ailleurs dégagé un excédent budgétaire primaire (hors charge de la dette) en 2013.

"De nombreux défis restent toutefois à relever avant que la stabilisation soit achevée et que la Grèce renoue avec une trajectoire de croissance viable et équilibrée", a souligné M. Shinohara.

En récession depuis six ans, le pays table sur un retour à la croissance cette année en dépit d'un taux de chômage très élevé (26,5% en février) et d'une dette abyssale d'environ 175% de son PIB.

"Des ajustements budgétaires supplémentaires sont nécessaires pour assurer la viabilité de la dette", a indiqué le directeur adjoint du FMI, appelant notamment les autorités à "accélérer" les privatisations et à améliorer la collecte de l'impôt.

La Grèce espère obtenir de ses partenaires un nouvel allègement de sa dette, deux ans après une restructuration importante qui avait permis l'effacement de 107 milliards d'obligations détenues par le secteur privé.

Dans son communiqué, le FMI rappelle que les Européens se sont engagés à "prendre des mesures supplémentaires" afin d'atteindre l'objectif d'un ratio de dette de 110% du PIB d'ici à 2022.

Fin avril, le porte-parole de la Commission européenne avait déclaré que des discussions sur ce point pourraient débuter "dans la deuxième moitié de l'année" tout en assurant que la dette grecque était actuellement "soutenable".

L'assistance financière du FMI court jusqu'en 2016 alors que celle des Européens est censée s'achever cette année.

jt/jum/sam

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