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La frontière Russie-Ukraine théâtre d'affrontements armés

30/05/2014 12:23 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

En pleine nuit, les gardes-frontières ukrainiens de Marinivka ouvrent le feu sur des hommes armés arrivés clandestinement de Russie. Ce type d'affrontements est fréquent, selon Kiev, pour qui la frontière est aujourd'hui devenue une ligne de front.

"Les tentatives de passer la frontière entre la Russie et l'Ukraine sont devenues plus fréquentes, surtout ces deux dernières semaines. Aujourd'hui, nous considérons la frontière dans les régions de Donetsk et Lougansk comme une ligne de front sur laquelle ont lieu presque chaque jour des affrontements armés", a déclaré à l'AFP Serguiï Astakhov, numéro deux du service des gardes-frontières ukrainiens.

Près de Marinivka, une quarantaine de camions, de minibus et de voitures transportant des hommes armés avaient été repérés mardi vers 03H00 du matin. Les forces ukrainiennes ont ouvert le feu, tué un des assaillants et saisi plusieurs véhicules avec des armes sans pouvoir empêcher une partie du convoi d'entrer sur le territoire ukrainien, avait alors raconté le porte-parole des gardes-frontières Oleg Slobodian à la télévision Kanal 5.

- "on peut passer la frontière à pied" -

Pas besoin de s'éloigner beaucoup de Marinivka: le territoire contrôlé par les rebelles prorusses commence à quelques kilomètres seulement de ce poste-frontière situé à 90 km à l'est de Donetsk, comme en témoigne un barrage sur lequel flotte le drapeau de la "République de Donetsk" autoproclamée.

"Si on le veut vraiment, on peut passer la frontière à pied. De nuit bien sûr. Beaucoup de gens dans la région ont fait du trafic d'essence et de pièces détachées de voiture, qui sont moins chères en Russie. On sait parfaitement par où il faut passer", affirme un habitant de Marinivka, Olexiï, 24 ans.

Olexiï reconnait cependant que le passage illégal de la frontière est plus difficile aujourd'hui en raison d'un contrôle accru de la part des forces ukrainiennes.

Pendant que les gardes-frontières de Marinivka faisaient le coup de feu mardi à l'aube, une autre tentative de franchissement de la frontière avait lieu dans la région voisine de Lougansk, près du village d'Astakhove, selon les autorités ukrainiennes.

"L'acheminement de terroristes russes en Ukraine est organisé et financé sous le contrôle du Kremlin et des services spéciaux russes", avait affirmé le ministère des Affaires étrangères à Kiev en demandant que "le Kremlin arrête d'envoyer des terroristes et des armes en Ukraine".

Au poste-frontière de Marinivka, une dizaine de soldats sont visibles, pas plus. Quelques rares voitures passent dans un sens et dans l'autre, en se faufilant entre de gros blocs de béton et quelques sacs de sable.

Une protection qui semble bien modeste face à une éventuelle attaque des rebelles prorusses, alors que plusieurs postes-frontières ont été attaqués par les rebelles ces dernières semaines.

Dans la région de Donetsk et de Lougansk, des groupes d'une trentaine ou quarantaine de militants prorusses armés ont essayé de prendre d'assaut des postes-frontières mais ils ont été repoussés par les gardes-frontières qui ont engagé le combat.

Une attitude qui tranche radicalement avec les policiers et membres des services secrets qui dans plusieurs villes de l'est de l'Ukraine n'ont pas défendu leurs bâtiments attaqués par les insurgés.

Alors que la "République de Donetsk" autoproclamée a demandé son rattachement à la Russie --sans pour le moment avoir reçu de réponse du Kremlin-- l'ouverture des frontières avec la Russie est l'un des objectifs affichés par les séparatistes prorusses.

Près du poste-frontière de Marinivka, une femme qui ne veut pas dire son nom observe qu'"ici, on n'a jamais vraiment eu le sentiment qu'il y avait une frontière avec la Russie".

os-nm/neo/plh

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