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La disparition d'oeuvres américaines du programme scolaire contestée en G.-B.

30/05/2014 03:15 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

LONDRES - Le ministre de l'Éducation de la Grande-Bretagne, Michael Gove, a provoqué l'ire des amoureux des livres avec sa campagne visant à augmenter la présence de la littérature britannique dans les écoles.

Des oeuvres chéries de la littérature américaine, incluant «Of Mice and Men» («Des souris et des hommes») de John Steinbeck et «To Kill a Mockingbird» («Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur») de Harper Lee ont été retirées du programme d'un important examen d'anglais du secondaire, qui est maintenant presque exclusivement axé sur les livres d'auteurs britanniques et irlandais.

Certains enseignants croient que ce geste pourrait empêcher les jeunes Britanniques d'élargir leurs horizons.

La liste finale des oeuvres littéraires devant servir à l'examen nommé «GCSE», nécessaire à l'obtention du diplôme, a été dévoilée vendredi.

Lee, Steinbeck, la pièce «The Crucible» («Les sorcières de Salem») d'Arthur Miller et l'autobiographie de Maya Angelou, décédée cette semaine, ne s'y trouvent plus. Sont disparus également les auteurs africains et asiatiques, incluant Haruki Murakami, Chinua Achebe et Chimamanda Ngozi Adiche.

Cette disparition des auteurs américains et autres est le résultat — et non l'objectif, selon le gouvernement — d'un projet visant à rendre le programme scolaire plus rigoureux. Les nouvelles règles édictées par le gouvernement stipulent que les candidats à l'examen devront étudier du matériel «de grande qualité et stimulant l'intellect», incluant un roman du XIXe siècle, une sélection de poésie, une pièce de Shakespeare et de la fiction «des îles britanniques» datée d'après 1914.

Les règles précédentes imposaient des «auteurs contemporains» sans en mentionner la nationalité. L'exigence d'étudier des oeuvres de différentes cultures a été abandonnée.

«Je n'ai rien interdit, a écrit le ministre au Daily Telegraph. Tout ce que nous faisons, c'est demander aux commissions d'examens d'élargir — et non de rétrécir — la sélection de livres étudiées par les jeunes pour le GCSE».

Le ministère de l'Éducation précise que les règles reflètent le minimum que doivent apprendre les élèves et souligne que ceux qui lisent davantage auront de meilleurs résultats aux examens. Il est également indiqué que les élèves doivent étudier la littérature mondiale d'importance — incluant des classiques américains — entre l'âge de 11 et 14 ans.

«Michael Gove veut que tous les élèves étudient la littérature traditionnelle et il veut que celle-ci soit britannique, souligne Bethan Marshall, présidente de l'Association nationale pour l'enseignement de l'anglais. Je crois que c'est une erreur.»

Mais tous ne sont pas en désaccord avec le ministre. Jonathan Bate, un professeur d'anglais à Oxford qui a participé aux récents changements au programme, affirme qu'il était découragé de constater que plusieurs élèves n'avaient lu aucun roman britannique pour se préparer à leur examen.

«Je crois qu'il y a tellement de richesses dans la littérature du dernier siècle dans ces îles, tous les élèves devraient se familiariser avec ces oeuvres», a déclaré Bate.

La nouvelle liste inclut un grand échantillon d'oeuvres britanniques modernes, allant d'«Animal Farm» («La ferme des animaux») de George Orwell à «Lord of the Flies» («Sa majesté des mouches») de William Golding, en passant par le roman «Never Let Me Go» («Auprès de moi toujours») de Kazuo Ishiguro, la pièce «The History Boys» d'Alan Bennett et le roman «Anita and Me» de Meera Syal.

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