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Passage au numérique de Gesca: un éditorialiste du journal «Le Droit» remercié après avoir remis le modèle en question

30/05/2014 07:22 EDT | Actualisé 03/06/2014 03:35 EDT
PC

Le renvoi de l'ex-éditorialiste invité du quotidien Le Droit, Pierre Allard, ne passe pas sous silence. Il espère toutefois que son départ après 45 ans de loyaux services, dont 12 comme éditorialiste, servira à susciter un débat de fond sur la possible disparition des journaux régionaux de Gesca.

Dans un billet publié le 19 mai dernier sur son blogue personnel, Pierre Allard remet en question le passage au numérique annoncé par les frères Desmarais quelques jours plus tôt. Il déplore par le fait même la façon mécanique qu'ils ont eu d'annoncer la disparition de «son» journal au profit du «quotidien amiral», La Presse.

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Vendredi, le rédacteur en chef du Droit lui a fait savoir qu'il avait manqué à son devoir de réserve en tant qu'éditorialiste. «C'est le motif officiel», ironise Pierre Allard. Une telle consigne s'applique aux sujets qui pourraient contredire la ligne éditoriale du journal, mais, dit-il, l'intention n'était pas de critiquer son employeur.

«On parle de l'avenir de l'entreprise, de l'avenir des journaux régionaux. Je n'ai pas de devoir de réserve pour l'avenir de l'information.»

Selon l'ex-éditorialiste, Gesca devrait tenir compte des dynamiques régionales de ses quotidiens. Le Droit, en particulier, chevauche les deux rives de l'Outaouais et a contribué à maintenir la cohésion linguistique dans la région.

«J'ai une grande loyauté envers Le Droit et je veux m'assurer de l'avenir du journal, ajoute-t-il. C'était carrément un appel à la discussion.»

Dans une tablette près de chez vous

La version papier de La Presse doit passer au numérique dans un avenir rapproché, ont martelé les dirigeants de Power Corporation, transition justifiée par la baisse revenus publicitaires des médias imprimés. Pierre Allard refuse d'envisager que «le marché» décidera de la voie que prendra l'information, tel que précisé dans son billet de blogue.

«L'imprimé existe depuis 500 ans. Il ne faut pas croire que le monde a basculé parce que la tablette existe depuis cinq ou dix ans, que la vérité vient d'être révélée», dit-il au bout du fil.

Pourtant, les nouvelles technologies emplissent sa vie et il utilise les réseaux sociaux de façon active. L'homme de 67 ans se désole de la façon dont son aventure avec Le Droit s'est terminée, mais il a encore «bien des chats à fouetter».

La direction du journal n'était pas disponible pour des commentaires au moment de la publication.

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