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GB: une série de chiffres économiques positifs conforte le gouvernement

30/05/2014 06:44 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

Avec un moral des consommateurs au plus haut en neuf ans et des perspectives de croissance record, la reprise de l'économie britannique semble se confirmer au plus grand soulagement du gouvernement de David Cameron, a un an des élections.

Le baromètre de l'institut Gfk sur le moral des consommateurs, publié vendredi, a atteint son meilleur niveau depuis avril 2005, s'établissant à 0 au mois de mai contre -3 en avril.

"Une progression de trois points en un mois représente en elle-même un changement significatif mais ce qui compte le plus, psychologiquement du moins, c'est que l'indice a quitté le territoire négatif pour la première fois en plus de neuf ans", a commenté Nick Moon, directeur de la recherche sociale de Gfk.

Le moteur de cette progression a été l'évaluation du climat économique par les individus, souligne l'institut.

Après des années de vaches maigres et d'austérité, les Britanniques profitent enfin d'une conjoncture favorable, avec une croissance qui s'accélère, une inflation contenue et un taux de chômage installé sous les 7% - de quoi faire envie à bon nombre de nations de la zone euro voisine.

"Les fondamentaux s'améliorent dans l'ensemble pour les consommateurs, et devraient continuer de s'améliorer ces prochains mois, alors que l'emploi progresse et que la tendance est plutôt à une croissance des revenus supérieure à celle de l'inflation", a souligné Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight.

C'est aussi de bon augure pour la croissance britannique, qui avait déjà accéléré à 0,8% au premier trimestre.

L'indicateur de croissance de la confédération patronale CBI, publié vendredi, a d'ailleurs atteint en mai son plus haut niveau depuis sa création en 2003.

La croissance de l'activité des entreprises a ainsi atteint son record avec un indice à +35% contre +25% en avril, selon cette enquête menée auprès de 726 entreprises dans les secteurs de l'industrie, de la distribution et des services.

Enfin, la fédération des Chambres de commerce britanniques (BCC) a revu à la hausse ses prévisions de croissance de 2,8% à 3,1% cette année - ce qui serait le meilleur chiffre depuis sept ans - et de 2,5% à 2,7% pour 2015.

- Le gouvernement soulagé -

Cette série d'indicateurs positifs, qui tombent à pic à un an des élections, a aussitôt été salué par le gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron. D'autant qu'il est dans une situation inconfortable, son parti étant arrivé seulement troisième aux élections européennes, derrière le parti europhobe Ukip et l'opposition travailliste, alors que son allié libéral-démocrate au sein de la coalition gouvernementale s'entredéchire après une véritable déroute électorale.

Ces trois publications "prouvent un peu plus que le plan économique du gouvernement à long-terme fonctionne et assure la sécurité économique des gens qui travaillent dur", a commenté un porte-parole du ministère des Finances, en faisant référence à la politique d'assainissement budgétaire mise en place depuis quatre ans.

La reprise a toutefois été alimentée par la politique très accommodante de la Banque d'Angleterre (BoE) et les acteurs économiques s'inquiètent désormais d'une possible hausse des taux l'an prochain, alors que la situation s'améliore et que le marché de l'immobilier s'échauffe à Londres.

"Nous pressons la Banque d'Angleterre de conserver son taux directeur bas aussi longtemps que possible et de s'assurer que les futures hausses de taux seront graduelles et modestes", a imploré John Longworth, le directeur général de BCC.

Le gouverneur de la banque centrale, le Canadien Mark Carney, a toutefois laissé entendre qu'il n'était pas pressé de remonter les taux, actuellement au niveau historiquement bas de 0,50%.

"Garantir la reprise est comme passer les phases de qualification pour la Coupe du Monde. C'est une réussite mais pas le but final", a-t-il affirmé il y a deux semaines.

jmi/dh/ml

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