POLITIQUE

Il y aura du carottage sur l'île d'Anticosti cet été (VIDÉO)

30/05/2014 11:09 EDT | Actualisé 30/07/2014 05:12 EDT

Dans le plan d'action sur les hydrocarbures déposé ce matin, le gouvernement Couillard se déclare en faveur d'un développement prudent et respectueux de l'industrie des hydrocarbures au Québec.

En ce qui a trait à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, elle se poursuivra comme prévu, statue le gouvernement de Philippe Couillard.

Par contre, Québec ordonnera une évaluation environnementale spécifique à l'exploration et l'exploitation de ressources pétrolières sur l'île d'Anticosti qui devrait avoir lieu à l'hiver 2015.

La poursuite des travaux d'exploration prévus à l'été 2015 sera conditionnelle aux résultats de cette évaluation environnementale, annonce le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand. En attendant, seuls des activités de carottage et le sondage du sol seront autorisés à Anticosti.

Tous travaux de fracturation du sol à l'île d'Anticosti demeurent par conséquent interdits jusqu'à nouvel ordre.

En février dernier, le gouvernement de Pauline Marois annonçait une entente avec les compagnies Pétrolia, Corridor Resources, Maurel & Prom ainsi qu'avec Junex, pour lancer des programmes d'exploration afin de confirmer le potentiel pétrolier de l'île d'Anticosti. Québec soutenait alors que ces ententes lui permettraient « de contrôler près de 50 % des permis sur l'île d'Anticosti et d'obtenir plus de 60 % des futurs bénéfices liés à l'exploitation pétrolière ».

Les libéraux promettent par ailleurs une évaluation globale et en profondeur de toute la filière des hydrocarbures au Québec et le dépôt d'un projet de loi intégré sur cette industrie dès l'an prochain.

Précisant que l'exploration ne signifie pas nécessairement l'exploitation des ressources pétrolières et gazières, le gouvernement du Québec promet d'agir avec prudence et transparence, et ce, dans le meilleur intérêt de la population, peut-on lire dans les documents déposés conjointement par le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, et David Heurtel, ministre de l'Environnement.

S'il autorise le développement de la filière des hydrocarbures, le gouvernement entend encadrer rigoureusement le processus de l'exploration jusqu'à l'exploitation.

« Le gouvernement du Québec, même s'il se montre favorable au développement de la filière des hydrocarbures, veut d'abord et avant tout s'assurer de la sécurité des personnes et de la protection de l'environnement. »

— Extrait du communiqué du gouvernement du Québec

Modernisation des lois et évaluation environnementale de l'industrie

Pour y parvenir, le plan d'action du gouvernement prévoit dans un premier temps instaurer un processus « d'évaluation environnementale stratégique (EES) » qui évaluera l'ensemble de la filière des hydrocarbures au Québec.

Selon le plan présenté, l'EES devrait déboucher sur le dépôt d'un projet de loi intégré sur la filière des hydrocarbures dès 2015.

Une loi qui, selon Québec, mettra de l'avant les meilleures pratiques et les technologies les plus modernes en matière d'exploration et d'exploitation des ressources, tout en « assurant aux Québécois que les actions seront prises avec prudence, dans le respect de la population et des communautés autochtones ainsi que de l'environnement et dans un souci de développement régional ».

Dans un premier temps, explique le ministre Pierre Arcand, un bilan de toutes les études réalisées au Québec au cours des dernières années à propos des hydrocarbures sera effectué. Cette étape se termine à l'automne 2014. Elle permettra de synthétiser toute l'information disponible.

« Dans un deuxième temps, les travaux de l'EES permettront de répondre aux questionnements sans réponse. Cette seconde phase devrait se terminer à l'été 2015. Cette es traitera de tous les aspects qui sont liés à cette filière, qu'ils soient économiques ,environnementaux et sociaux, tel entre autres que la sécurité des personnes », poursuit le ministre des Ressources naturelles.

Saviez-vous que...

En 2009, le gouvernement libéral de Jean Charest avait annoncé une cible de réduction de ses émissions de GES de 20 % par rapport au niveau de 1990 à l'horizon 2020. Le gouvernement Marois a porté cet objectif à 25 %.

Le transport des hydrocarbures sous la loupe

Dans son projet d'étude environnementale stratégique, Québec prévoit également se pencher sur les enjeux liés au transport des hydrocarbures, notamment aux projets d'oléoducs.

Le gouvernement entend d'ailleurs s'inscrire à titre d'intervenant dans les causes qui sont entendues à l'Office national de l'énergie qui touchent les projets d'oléoduc Énergie-Est de TransCanada ainsi que l'entente entre

TransCanada PipeLines Limited et les distributeurs de gaz naturel de l'Est du pays.

En ce qui a trait aux travaux prévus à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, pour la construction du terminal méthanier, le projet sera soumis à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement dont font partie les

audiences publiques tenues par le BAPE.

Le gouvernement confiera demandera aussi à la Régie de l'énergie d'évaluer les impacts de ce projet sur les approvisionnements en gaz naturel au Québec.

INOLTRE SU HUFFPOST

Photos de l’île d'Anticosti (tirées du documentaire de Dominic Champagne)