POLITIQUE

Couillard a tiré les leçons du Printemps érable, croit Éliane Laberge (ENTREVUE)

30/05/2014 05:53 EDT | Actualisé 30/05/2014 05:56 EDT
Agence QMI

QUÉBEC - La présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Éliane Laberge, tire sa révérence ce vendredi. Et, non, elle n'entend pas se lancer en politique. Du moins, pas pour le moment.

Arrivée au terme de son mandat, Éliane Laberge passera le flambeau à Alexis Tremblay dès lundi. Elle-même avait succédé à Léo Bureau-Blouin le 1er juin 2012, alors que le Québec se remettait à peine du Printemps érable.

Son mandat s'est d'ailleurs poursuivi dans le sillon de cette grève étudiante historique contre la hausse des frais de scolarité. Éliane Laberge a participé au Sommet sur l'enseignement supérieur où le gouvernement Marois a rallié la société civile à une indexation. La présidente de la FECQ a également témoigné devant la commission Ménard, chargée d'étudier les événements du printemps 2012.

À la veille de quitter ses fonctions, Éliane Laberge affirme que les impacts de la mobilisation étudiante se font encore sentir à Québec. À preuve, Philippe Couillard n'envisage pas de hausser les frais de scolarité au-delà de l'inflation, malgré les mesures d'austérité et les hausses de tarifs à l'étude pour atteindre le déficit zéro en 2015-2016.

Éliane Laberge y voit deux raisons. «L'ancien gouvernement libéral pensait avoir l'appui des Québécois pour hausser les frais de scolarité de 75%. La preuve a été faite que ce n'est pas la direction que les Québécois veulent prendre», dit-elle.

«Et nous avons démontré que lorsque nous sommes fortement opposés à quelque chose, nous pouvons nous mobiliser et faire changer les décisions», ajoute-t-elle.

La FECQ n'a toutefois pas été invitée cette année à rencontrer le ministre des Finances pour les consultations prébudgétaires, comme cela avait été le cas sous le gouvernement Marois.

Un saut en politique?

Après deux années de militantisme à temps plein, Éliane Laberge entend rester loin de la politique pour un certain temps. La diplômée en Histoire et civilisation du collège Rosemont poursuivra ses études en histoire à l'Université de Montréal.

La jeune femme l'avoue candidement, elle ne sait pas encore dans quel domaine elle souhaite s'orienter. «Tout ce que je sais, c'est que je veux influencer soit la société, soit les gens autour de moi», lance-t-elle. Mais cela peut aussi bien prendre la forme de l'enseignement, de la politique, du communautaire que de l'administration publique. «Je ne suis pas tout à fait fixée», précise-t-elle en riant.

Chose certaine, elle n'entend pas suivre les traces de son prédécesseur Léo Bureau-Blouin en se lançant en politique. Enfin, pas à court terme. «Aux prochaines élections, ça m'étonnerait beaucoup, dit-elle. Mais un jour, dans ma longue carrière? Je ne sais pas. L'objectif qui me guide, c'est d'avoir un impact dans ma société et dans ma communauté.»

Pour cet été, Éliane Laberge se concentre sur son emploi d'étudiante, sans être bien loin des causes sociales. Elle travaillera dans un Carrefour jeunesse-emploi afin de sensibiliser les employeurs à la persévérance scolaire grâce à une meilleure conciliation travail-études. «Au secondaire, 43% des élèves ont un travail à temps partiel», souligne-t-elle.

Grogne à la FECQ

Plusieurs défis attendent le successeur d'Éliane Laberge. Quelques associations ont quitté la FECQ dans la foulée du Printemps érable. Une situation que la présidente sortante croit avoir réglée. «On a compris qu'il y avait un mécontentement de certaines associations étudiantes à la suite de la grève de 2012, dit-elle. Je pense que maintenant ce mécontentement-là n'est plus présent.» Des corrections ont été apportées à l'interne, de même que dans les finances de la FECQ, assure-t-elle.

La fédération a également réagi en tentant de «répondre davantage aux attentes de nos membres», dit -elle. «En offrant aux associations de nouveaux services qui font une différence au jour le jour pour leurs membres.»

Elle cite en exemple le service d'assistance juridique mis sur pied par la FECQ en partenariat avec la Clinique Juripop. «Tous nos membres peuvent avoir accès gratuitement, ou pour une somme modique, à un avocat», explique Éliane Laberge. La plupart des cégépiens sont encore légalement sous la tutelle de leurs parents et donc non-admissibles à l'aide juridique. «Mais leurs parents n'ont pas nécessairement les moyens de leur payer un avocat.»

Parmi les dossiers que son successeur devra surveiller, Éliane Laberge note le Chantier sur l'offre de formation collégiale, issu du Sommet sur l'enseignement supérieur. Le rapport final, prévu au mois de juin, doit proposer un redéploiement de l'offre collégiale pour pallier la baisse d'étudiants prévue dans les cégeps de la province. Déjà, la première moitié du rapport rendue publique reprenait de nombreuses recommandations de la FECQ, se félicite Éliane Laberge. «On a réussi à démontrer qu'il y avait urgence en la demeure pour assurer la vitalité de notre réseau collégial.»

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