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Zimbabwe: le gouvernement recule sur sa loi d'"indigénisation"

29/05/2014 10:30 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

Le gouvernement zimbabwéen a décidé de réviser sa loi d'"indigénisation", très controversée, qui oblige les entreprises étrangères à céder à des investisseurs locaux une participation majoritaire dans leurs filiales dans le pays, a indiqué un ministre jeudi.

"Le gouvernement a estimé que la loi devait être rendue conforme à la Constitution, et nous allons bientôt faire les ajustements nécessaires", le pays ayant une nouvelle loi fondamentale depuis mars 2013, a déclaré à l'AFP le ministre de l'Indigénisation Francis Nhema.

La loi de 2007, qui pour l'instant a surtout touché les mines, oblige les entreprises étrangères à trouver des partenaires locaux, pour leur remettre au moins 51% des parts de leurs opérations au Zimbabwe.

Le ministre des Finances Patrick Chinamasa a reconnu mercredi devant le Parlement vouloir modifier la loi pour la rendre plus attrayante pour les investisseurs.

"Nous voulons une situation gagnant-gagnant. Nous sommes conscients que les investisseurs ne viennent pas ici pour faire la charité. Ils viennent faire de l'argent", a relevé M. Chinamasa. "Lorsque les investisseurs viennent avec de l'argent, nous n'avons jamais dit que nous voulons une part de cet argent."

Très contestée par l'opposition zimbabwéenne, et même au sein du camp du président Robert Mugabe, la loi d'indigénisation a effrayé les milieux d'affaires dans un contexte de crise économique et de chômage élevé.

Selon le ministre de l'Information Jonathan Moyo, la nouvelle mouture garantira que les investisseurs étrangers puissent récupérer leur investissement initial et rentrer dans leurs frais avant le partage des bénéfices avec les partenaires locaux.

Le président Mugabe a toujours expliqué que sa loi d'indigénisation avait pour but de corriger des déséquilibres hérités de la colonisation.

Mais selon l'opposition, cette loi a surtout permis d'enrichir les amis de M. Mugabe, après sa réforme agraire radicale et souvent violente des années 2000 ayant exproprié des propriétaires terriens blancs.

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