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Une lettre de l'ex-président de CBC condamne les attaques des conservateurs

29/05/2014 07:12 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Les attaques publiques du Parti conservateur contre la Société Radio-Canada (SRC/CBC) ont été «délibérément destructrices» et ont miné l'indépendance de la société d'État, affirme une lettre adressée au premier ministre Stephen Harper par un ancien président du diffuseur public nommé par les conservateurs.

La lettre incisive, datée de 2010 et rendue publique le mois dernier en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, allègue que les attaques des conservateurs cette année-là «ont dénigré la société de la Couronne dans le but de solliciter des dons politiques pour le Parti conservateur».

La missive de l'ancien président de la SRC/CBC, Tim Casgrain, prévient le parti et les députés conservateurs de ne pas «s'immiscer» dans l'indépendance du diffuseur public pour tenter «d'influencer le contenu de la programmation».

Même si de telles pratiques sont acceptées dans la politique partisane, écrit M. Casgrain, ce sont des allégations infondées qui détruisent délibérément la société d'État.

Les remarques acerbes de M. Casgrain avaient été provoquées par une controverse entourant les commentaires du sondeur de la CBC, Frank Graves, d'Ekos Research, au chroniqueur Lawrence Martin, du «Globe and Mail». M. Graves s'était ensuite excusé d'avoir dit à M. Martin qu'il avait pressé le Parti libéral d'«invoquer une culture de guerre» avec les conservateurs et de ne pas craindre un débat polarisant sur des sujets comme l'intolérance.

Des députés conservateurs et des responsables du parti avaient alors sauté sur ces remarques, réclamant que la CBC congédie M. Graves en tant que sondeur officiel.

Tim Casgrain, nommé par le gouvernement Harper au conseil d'administration de la SRC/CBC en avril 2007, a souligné l'intégrité et la fiabilité du travail de M. Graves, et a rappelé que le gouvernement avait lui-même sollicité ses services dans le passé.

«Le gouvernement s'approche dangereusement d'une immixtion dans l'indépendance du diffuseur quand il tente d'influencer le contenu de la programmation ou de déterminer quels points de vue seront représentés ou pas sur les ondes», affirme la lettre, qui représente une communication inhabituellement directe entre le conseil d'administration de la SRC/CBC et un premier ministre.

Le mandat de cinq ans de M. Casgrain a pris fin en juin 2012. Aujourd'hui gestionnaire auprès d'un transporteur aérien de Toronto, il a déclaré cette semaine que «la lettre parle d'elle-même». M. Casgrain a indiqué qu'il n'avait rien à ajouter sur ce sujet.

Une porte-parole de la SRC/CBC a précisé que le bureau du premier ministre n'avait jamais répondu à la lettre, qui a aussi été transmise au ministre du Patrimoine de l'époque, James Moore, qui n'a pas répondu non plus.

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