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Santé maternelle et infantile: Stephen Harper promet 3,5 milliards $ de plus

29/05/2014 01:33 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

TORONTO - Le gouvernement conservateur promet une somme additionnelle de 3,5 milliards $ sur cinq ans dans le cadre de l'initiative du premier ministre en santé maternelle, néonatale et infantile, tout en s'engageant à persuader les autres pays d'en faire plus dans ce domaine.

Stephen Harper a annoncé jeudi à Toronto ce nouvel engagement, qui doit couvrir la période de 2015 à 2020. Il s'agit d'une somme légèrement supérieure aux 3,25 milliards $ réclamés par une coalition d'organisations de développement international.

Ce financement s'ajoute aux 2,8 milliards $ déjà consacrés par le gouvernement fédéral à l'Initiative de Muskoka pour la santé maternelle, néonatale et infantile, dévoilée au sommet du G8 en 2010.

Rosemary McCarney, qui fait partie d'une coalition de 70 organisations d'aide humanitaire et de développement international, a salué M. Harper pour «son engagement sur 10 ans, ce qui est très rare dans notre monde».

«Nous pouvons vraiment produire de véritables résultats lorsque nous avons le temps de mettre en place des systèmes dans les communautés rurales et éloignées», a-t-elle ajouté.

M. Harper a indiqué qu'il avait l'intention de «persuader» et d'«amadouer» d'autres gouvernements afin qu'ils suivent l'exemple du Canada et fournissent des fonds supplémentaires.

Dave Toycen, président de Vision mondiale Canada, a estimé que l'engagement du Canada était significatif parce qu'il permettra de soutenir les efforts en santé maternelle et infantile au-delà de 2015 et empêchera ce dossier de devenir la «saveur du mois» dans le milieu du développement international.

«Je suis très encouragé. Il est clair que le premier ministre et le gouvernement honorent leur engagement», a-t-il dit.

Stephen Brown, un professeur de sciences politiques spécialisé dans l'aide étrangère, s'est montré très critique de l'approche du premier ministre, tout en estimant que les fonds seront consacrés à une cause qui vaut la peine d'être défendue.

Mais alors que le gouvernement continue de couper le financement de l'aide étrangère, ce nouvel engagement ne fera que réduire ce que le Canada fait dans d'autres domaines, a-t-il estimé.

«Nous nous concentrons sur les symptômes et nous abandonnons les causes sous-jacentes, qui sont la pauvreté et les inégalités.»

M. Brown a également souligné que le gouvernement avait exclu de la conférence toute personne ou organisation qui aurait pu se montrer critique de ses politiques.

«Il n'y a pas de voix multiples autour de la table. Le sommet est un peu narcissique: nous allons nous taper dans le dos et inviter des gens qui vont nous dire à quel point nous sommes bons.»

Stephen Harper a fait de l'aide aux mères et aux nouveau-nés dans les pays en développement sa priorité en matière d'aide internationale.

M. Harper a affirmé jeudi que les nouveaux fonds seraient principalement consacrés aux soins à donner aux enfants durant le «fragile premier mois» de leur vie, à l'intensification des efforts de vaccination et à l'amélioration de la reddition de comptes dans ce domaine.

Le premier ministre est l'hôte, jusqu'à vendredi, à Toronto, du sommet «Sauvons chaque femme, chaque enfant: un objectif à notre portée».

Dans le cadre de cet événement, Melinda Gates a salué jeudi matin l'initiative sur la santé maternelle et infantile du premier ministre Harper, exhortant les gouvernements ailleurs dans le monde à soutenir la démarche pour leur propre intérêt économique.

La milliardaire philanthrope a fait valoir qu'il y avait des raisons économiques majeures pour ne plus tolérer que des millions de femmes et d'enfants meurent chaque année. Melinda Gates, qui gère avec son mari Bill Gates la fondation portant leur nom, a affirmé que le Canada était devenu un partenaire important dans la recherche de moyens innovateurs pour aider les plus démunis.

La mort de millions de mères et de nouveau-nés chaque année est un scandale et une injustice n'ayant pas sa place dans un monde solidaire, a également lancé jeudi matin la reine Rania de Jordanie, présente au sommet de Toronto. La reine, âgée de 43 ans, a remercié le premier ministre Harper de partager son indignation et d'être à l'avant-plan des efforts pour améliorer la santé des mères et des enfants.

La reine Rania est une mécène et une militante des droits des femmes et des filles, particulièrement dans le monde arabe, mais elle a signifié, jeudi, que son titre le plus important était celui de «mère» de ses quatre enfants.

Comme d'autres intervenants, la reine de Jordanie a souligné la triste statistique au coeur du sommet international initié par M. Harper: 2,9 millions de nouveau-nés meurent chaque année, dont un million dès le premier jour de leur vie. Elle a remercié le premier ministre et le gouvernement du Canada «de ne pas se contenter du statu quo».

M. Harper tente de gagner des appuis à l'Initiative de Muskoka, qui vise à réduire les millions de décès chaque année de mères, de nouveau-nés et de jeunes enfants dans les pays en développement.

Également jeudi, l'Aga Khan, le leader spirituel des 15 millions de musulmans ismaéliens chiites dans le monde, a lui aussi salué M. Harper pour son leadership, mais a ajouté que les efforts étaient «insuffisants et inégaux».

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, participe également au sommet.

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