POLITIQUE

Futur pont Champlain: un système d'autobus pour 2018, avec la possibilité d'ajouter un SLR

29/05/2014 04:18 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:36 EDT
Agence QMI

Le ministre des Transports du Québec demande à Ottawa de livrer un tablier hybride sur le nouveau pont Champlain permettant de faire fonctionner un Système rapide d'autobus (SRB) dès 2018 et de préserver l'option d'instaurer un Système léger sur rail (SLR).

Robert Poëti ne ferme donc pas la porte à la construction d'un SLR sur le nouveau pont Champlain, mais précise plutôt qu'il prendra sa décision finale lorsque l'étude du bureau de projet de l'AMT terminera son étude en 2015.

En demandant au gouvernement fédéral un tablier hybride, le gouvernement du Québec espère ainsi ne pas retarder le début des travaux. « Même si je vous dis qu'aujourd'hui que j'ai pris la décision d'un SLR, il serait impossible qu'il soit prêt en 2018. C'est une décision sage, double, de prévoir le volet de l'hybride », a dit le ministre des Transports, en conférence de presse jeudi.

Cette décision donne ainsi plus de temps au gouvernement pour choisir le meilleur mode de transport collectif, tout en offrant un système adéquat, dès l'ouverture du pont. « Déjà en 2018, nous aurons un site propre, complètement exclusif et sécurisé. C'est déjà supérieur à ce qu'on a », a ajouté M. Poëti.

Si le gouvernement décide éventuellement d'ajouter un SLR, la voie réservée pour les autobus serait déplacée sur la voie d'accotement, le temps de sa construction, a expliqué Nicolas Girard, président de l'Agence métropolitaine de transport (AMT). Cette option « hybride » n'aura pas une « incidence énorme sur le plan monétaire », croit-il.

Des réactions positives

Le ministre fédéral Denis Lebel a indiqué qu'Ottawa a déjà commencé à planifier la conception d'un tablier central hybride pouvant accueillir un SLR ainsi que des autobus.

« Cette prise de position par le gouvernement du Québec ne causera aucun délai à la mise en œuvre du projet. Nous continuerons de collaborer avec le gouvernement du Québec afin d'offrir un corridor dédié au transport collectif dès 2018 », a-t-il dit.

Si la Ville de Montréal a réitéré sa préférence pour le SLR, son maire Denis Coderre a accueilli positivement cette annonce. « On va laisser le temps pour que ça marche. La bonne nouvelle est qu'on prépare le pont en conséquence (d'un SLR). Il y aura une période transitoire. On va être pragmatique », a-t-il dit en conférence de presse, ajoutant qu'il continuera de convaincre le gouvernement de la nécessité d'un SLR.

La saga du SLR et du SRB

La semaine dernière, le nouveau ministre des Transports avait remis en question la pertinence du choix du SLR pourtant entériné par le gouvernement précédent avec l'appui des députés libéraux. M. Poëti s'interrogeait sur les coûts des infrastructures et de l'exploitation du SLR et avait demandé une rencontre avec les dirigeants de l'AMT.

Un SLR serait totalement financé par le gouvernement du Québec alors que le choix d'un SRB permettrait à Québec de refiler une partie de la facture aux municipalités. Dans cette éventualité, les sociétés de transports municipales comme le Réseau de transport de Longueuil ou les CIT devraient acheter de nouveaux autobus, recruter des chauffeurs et exploiter le service dont le volume pourrait doubler.

Outre les coûts du mode de transport collectif qui sera choisi, les citoyens du Sud-Ouest montréalais s'inquiètent pour leur qualité de vie. Ils craignent les impacts de la circulation de dizaines d'autobus, quotidiennement, dans leur quartier.

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