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Plus d'un millier de soldats thaïlandais sont déployés dans les rues de Bangkok

29/05/2014 09:04 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

BANGKOK - Plus d'un millier de soldats et policiers thaïlandais ont été déployés dans les rues de Bangkok, jeudi, pour empêcher la tenue d'une manifestation dénonçant le coup d'État de la semaine dernière.

Des camions remplis de soldats bloquaient toutes les routes menant au Monument de la Victoire, en pleine heure de pointe, dans un des secteurs les plus achalandés de la capitale.

Plus d'une dizaine de camions policiers étaient aussi sur place, prêts à emporter d'éventuels manifestants, mais ces derniers se faisaient plutôt rares, en dépit de la tenue de manifestations presque quotidiennes pour défier l'interdiction qui pèse sur tout rassemblement politique.

Un Belge vêtu d'un chandail sur lequel on pouvait lire «PEACE PLEASE» (La paix, s'il-vous-plaît) a été arrêté, tout comme deux Thaïlandaises qui portaient des écriteaux dénonçant le coup d'État.

Les manifestations contre le coup d'État sont habituellement modestes et désorganisées, mais les manifestants avaient prévu de se rassembler jeudi et ils ont appelé à une gigantesque démonstration dimanche.

Le chef adjoint de la police nationale, le général Somyot Poompanmoung, a prévenu que même les petites manifestations ne seront plus tolérées. Il a dit que neuf compagnies de soldats et policiers, soit environ 1350 hommes, ont été mobilisées pour l'opération de jeudi.

«Nous comprenons que leur rassemblement est surtout symbolique, mais c'est illégal, a-t-il dit. Il faut respecter la loi.»

Le général Somyot a prévenu que les forces de l'ordre sont «prêtes à répondre» si les manifestants utilisent de nouvelles tactiques.

Plus tôt pendant la journée, dans un autre quartier de la ville, une centaine d'étudiants avaient manifesté contre le coup d'État sur le campus de la prestigieuse université Thammasat. Leur manifestation a pris fin pacifiquement.

Mercredi, des centaines de manifestants, nettement plus nombreux que les militaires, s'étaient rassemblés autour du Monument de la Victoire. Des échauffourées ont éclaté et les soldats ont été bombardés d'objets divers. Un véhicule militaire a aussi été vandalisé.

En début de journée jeudi, l'armée a expliqué aux médias étrangers que des élections auront éventuellement lieu, mais n'a fourni aucun détail quant au retour du pays à la démocratie.

«Nous n'avons ni l'ambition, ni le désir de nous accrocher au pouvoir, a dit le chef d'État-major adjoint de l'armée, le lieutenant-général Chatchalerm Chalermsukh. Il y a aura certainement une élection. (Mais) ça va prendre du temps. Si vous me demandez combien de temps ça prendra, c'est difficile à dire.»

Il a évoqué les récentes manifestations pour démontrer que des élections ne pourraient être organisées dans l'immédiat.

«Aujourd'hui encore il y a des manifestations. Ça démontre que les gens recherchent encore l'instabilité. Donc il est impossible d'organiser des élections en ce moment», a-t-il dit.

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