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Pakistan: le mari de la femme lapidée avoue avoir tué sa première épouse

29/05/2014 10:19 EDT | Actualisé 29/07/2014 05:12 EDT

Le mari de la Pakistanaise enceinte lapidée par sa propre famille a admis jeudi avoir assassiné sa première épouse, nouveau rebondissement dans un drame qui suscite une vague d'indignation.

Farzana Parveen, 25 ans, avait été tuée mardi à coups de briques par des membres de sa famille sous le regard impassible de policiers devant le tribunal de Lahore (est), capitale de la province du Penjab.

La famille de Farzana lui reprochait de l'avoir "déshonorée" en se mariant contre leur gré à Mohammad Iqbal, un agriculteur de 45 ans, dans ce pays où les unions sont le plus souvent arrangées.

Mais ce dernier a confessé jeudi avoir jadis assassiné sa première épouse, par "amour" pour Farzana, donnant à ce drame familial shakespearien une tournure aussi inattendue que macabre.

"J'étais amoureux de Farzana et c'est à cause de cet amour que j'ai tué ma première femme... par strangulation", a-t-il déclaré à l'AFP dans un entretien téléphonique.

Le fils du couple avait à l'époque porté plainte contre son père, mais l'avait ensuite pardonné en échange du versement du "prix du sang". Une fois pardonné, le père a recouvré sa liberté.

"Iqbal a tué sa première épouse il y a six ans. Il avait été arrêté, puis relâché après avoir trouvé un compromis avec sa famille", a confirmé à l'AFP Zulfiqar Hameed, un responsable de la police enquêtant sur le meurtre de la jeune Farzana.

En liberté, le meurtrier a convaincu Farzana de l'épouser mais après un accord initial la famille de la jeune femme a exigé le versement d'une dot plus généreuse, ce que Mohammad Iqbal a refusé, selon ce dernier.

Le couple s'est marié malgré le refus final de la famille de Farzana qui s'est sentie "déshonorée" par la jeune femme, et non le mari.

Au Pakistan, près de 1.000 femmes ou adolescentes ont été tuées l'an dernier pour avoir "déshonoré" leur famille, selon la Commission nationale des droits de l'Homme, qui dénonce "l'impunité" dont jouissent les auteurs de ces meurtres.

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